Expo passée

Aubusson, tapisseries des Lumières

Du 15 Juin 2013 au 31 Octobre 2013
IMPRIMER
PARTAGER

Aubusson, tapisseries des Lumières, exposition d'intérêt national - 15 juin > 31 octobre 2013

Cette exposition, reconnue d’intérêt national, constitue l’aboutissement d’une collaboration étroite de deux ans avec Pascal Bertrand, Professeur d’histoire de l’art à l’Université de Bordeaux, dont la thèse de doctorat a été consacrée à la tapisserie d’Aubusson entre 1731 et 1791. Le commissariat d’exposition a été assuré par Bruno Ythier, conservateur de la Cité de la tapisserie.

La Manufacture Royale d’Aubusson : genèse

Dans la seconde moitié du XVIIème siècle, en 1665, le statut de Manufacture Royale est accordé aux ateliers d’Aubusson par Colbert. La ville de Felletin l’obtient un peu plus tard, en 1689. Contrairement à la Manufacture des Gobelins à Paris, aucun grand bâtiment n’est construit à Aubusson : le terme « Manufacture Royale » consiste plutôt en un label attribué à l’ensemble des fabricants indépendants. La Manufacture Royale d’Aubusson est ainsi atypique de par son organisation décentralisée et sa dispersion spatiale.

De la crise de la fin du XVIIème siècle au renouveau du XVIIIème

En 1685, l’Edit de Nantes est révoqué. 200 lissiers protestants et leurs familles quittent Aubusson. Ils fondent les manufactures de tapisseries des princes allemands, actives jusque vers 1740. La Manufacture Royale d’Aubusson plonge dans une crise profonde. Ce n’est qu’à partir de 1730 que l’activité reprend, sous l’effet d’un important effort de réforme. Un peintre du Roi est attribué à Aubusson. C’est le point de départ d’un nouvel essor artistique et économique, objet de l’exposition « Aubusson Tapisseries des Lumières ».

Une production importante et de qualité pourtant méconnue

La production de tapisserie d’Aubusson au XVIIIème siècle reste mal connue, à tel point que nombre de pièces aubussonnaises sont aujourd’hui attribuées à tort à Beauvais ou à Bruxelles. Pourtant, au XVIIIème siècle, des tapisseries de haute qualité destinées à une clientèle européenne sont produites en grand nombre à Aubusson. Cette dimension commerciale découle de l’intensification des échanges internationaux et répond à une demande précise en ameublement de produits de luxe, tapisseries de paysage (verdures) égayées d’animaux et de personnages, tapis et garnitures de sièges.

Enjeux culturels et scientifiques de l’exposition

Le siècle des Lumières a magnifié les arts décoratifs dans une approche subtile et raffinée. Un nouveau rapport entre décor tissé et architecture d’intérieur se dessine qui permet d’interroger la place de la tapisserie d’Aubusson dans l’histoire des arts décoratifs, alors à leur apogée, ligne directrice de l’exposition.

4 enjeux majeurs ont guidé la réflexion pour mettre en place « Aubusson, tapisseries des Lumières »:

  • Réattribuer de nombreux tissages fins à Aubusson, jusqu’à présent considérés à tort comme des productions de Beauvais ou de Bruxelles
  • Redéfinir la place d’Aubusson comme centre créatif spécifique apportant une contribution propre à l’histoire des arts décoratifs
  • Montrer la diffusion de la production aubussonnaise à travers l’Europe du XVIIIe siècle
  • Montrer la place de l’écriture technique des lissiers aubussonnais, à contre-courant du discours historique couramment véhiculé qui fait de la tapisserie une copie de peinture sans caractère textile

Plus de 40 tapisseries de très belle qualité mais aussi des dessins, tableaux et objets d’art ont été exposés au cours de cette exposition. Ces œuvres rares, de grand choix, ont été empruntées à de grands musées européens comme le Louvre, le Petit Palais, le Musée d’Art et d’Histoire de Genève, le Palais d’Ajuda de Lisbonne… Des collectionneurs français et américains ont également été sollicités pour obtenir cette sélection de très haut niveau.

Infos pratiques

  • Dates et horaires:
    Du 15 juin au 31 octobre 2013
    De septembre à juin: 9h30–12h, 14h–18h (fermé le mardi)
    Juillet et août: 10h–18h (fermé le mardi matin)