Les actus de la cité

Un livre rare rejoint les réserves de la bibliothèque de la Cité

03.11.2016
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Le centre de ressources de la Cité de la tapisserie vient d’enrichir son fonds d’un beau livre exceptionnel : Le Peuple de la Mer, de Marc Elder, dans une édition illustrée par Antoine-Marius Martin, ancien directeur l’École Nationale d’Art Décoratif d’Aubusson.

Inspiré du monde des pêcheurs bretons et vendéens, dont il raconte la vie au début du XIXe siècle entre Noirmoutier et Saint-Nazaire, Le Peuple de la mer a été écrit en 1911 par un romancier de Nantes, Marc Elder (1884-1933). De nos jours oublié, le livre avait pourtant devancé Le Grand Meaulnes d’Alain Fournier lors du prix Goncourt de 1913 !  

Le Peuple de la mer (300 pages) se divise en 3 parties : La Barque, La Femme, La Mer. Une édition illustrée de la première partie, La Barque, est parue en 1924. C’est cette édition illustrée que la bibliothèque de la Cité de la tapisserie compte à présent parmi ses trésors.

L’illustrateur n’est autre que l’ancien directeur de l’École Nationale d’Art Décoratif d’Aubusson de 1917 à 1930, Antoine-Marius Martin (1869-1955). Il est probable que Marc Elder et Antoine-Marius Martin se soient rencontrés après 1903, date à laquelle ce dernier est nommé directeur de l’École des Beaux-Arts d’Abbeville, et début de ses premiers séjours en Bretagne et en Vendée. Martin est un dessinateur de talent, inspiré par les personnages et les paysages de la région qu’il découvre alors. Il pratique aussi la gravure (lithographie, pointe sèche, eau forte…).

Cette édition du Peuple de la mer est doublement précieuse : ses 111 gravures signées A.-M. Martin montrent la maîtrise de l’artiste en ce domaine, tandis que sa reliure, en peau de reptile avec titre doré au dos, porte encore incrustée la plaque de bois gravé originale de 6 cm x 10 cm, ayant servi pour l’une des illustrations. Il s’agit d’un tirage sur papier vergé blanc de cuve numéroté 346 sur 500 exemplaires.

 

Enfin, ces petites compositions des années 1920 deviennent très intéressantes lorsqu’elles sont rapprochées des cartons de tapisserie créés un peu plus tard par Antoine-Marius Martin. L’artiste a utilisé dans ses gravures la même économie de moyens, pour représenter les volumes, les reliefs et le mouvement, que l’on retrouvera dans ses œuvres tissées : quelques hachures de traits noirs et courts, quelques cernes soulignées de couleurs vives.

D’après Catherine Giraud, documentaliste.

 

Infos pratiques

Le centre de ressources de la Cité internationale de la tapisserie est accessible sur rendez-vous (05 55 83 08 33 / catherine.giraud[a]cite-tapisserie.fr).