Appels à création

If, tapisserie installation

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If, d'après Pascal Haudressy - tapisserie installation sur le thème "Matrice-tapisserie", appel à création 2014.
Dimensions de la tapisserie :  3,20 m x 4,70 m. Sculpture en résine, projection vidéo.

En lien avec l’État (Direction Générale de la Création Artistique / Direction Régionale des Affaires Culturelles / Massif Central), l'appel à création a pris cette année-là la forme d’une commande publique artistique pour la réalisation d’une "matrice-tapisserie". Cette oeuvre a vocation à être mobile et itinérante, à la fois oeuvre d’art et dispositif de médiation. Le jury a désigné Pascal Haudressy pour sa proposition mixed media: If.

Un projet multidimensionnel associant tapisserie, sculpture en résine, projection vidéo et dispositif de médiation

Tapisserie, sculpture, projection numérique et dispositif de médiation culturelle autour du processus créatif en art tissé, cette pièce met en œuvre à la fois l'histoire, la tradition, le savoir-faire de la tapisserie, tout en revisitant le champ des possibles du médium. 

Cette pièce, matrice culturelle, socle patrimonial, est à la fois en relation avec le passé, l’Histoire et notre époque. Elle s’appuie sur un savoir faire séculier et propose une réinterprétation contemporaine en dialogue avec les enjeux et les systèmes de représentation de notre temps.

Formellement, la tapisserie comporte trois plans physiques qui agissent comme des matrices dans le sens de structure, de l’appui. Une partie sculpturale, un premier plan, un second dans la profondeur de champ et enfin une trame de fond. Ces trois plans se complètent et chaque plan entoure l’autre et lui permet de se construire. 

Le projet prolonge l'histoire des tapisseries à travers le genre emblématique de la "verdure". Une verdure vibratile, mouvante, où un espace physique figé, tel un socle patrimonial, se mêle avec virtualité, immatérialité et un mouvement sans cesse renouvelé, reconfiguré, matriciel, dans une synthèse contemporaine.

Pascal Haudressy s'est inspiré du tableau L’arbre aux corbeaux de Caspar David Friedrich, dans lequel le temps semble comme suspendu. Il introduit une dimension contemplative, méditative, dans notre époque contemporaine marquée par le virtuel. Il met en avant le motif du corbeau, lien entre le monde physique et le monde spirituel, entre le support tissé et la lumière projetée.

Les branches, au premier plan, donnent une sensation d’écorce. Dans un second plan, plus fines, elles semblent disparaître, comme absorbées progressivement par la lumière. Le ciel occupe le dernier plan, comme une trame de fond dans laquelle se fondent la tapisserie et le ballet des nuages. Ainsi se dégage l’impression que la tapisserie absorbe l’image en même temps que l’image lisse la trame du tissage.

Pascal Haudressy aborde particulièrement la question des relations entre vidéos et nouveaux mediums. La tapisserie ouvre ici de nouvelles perspectives: le projet convoque à la fois le savoir-faire traditionnel et la recherche de nouvelles matières, il est à la fois en relation avec notre époque et il prend racine dans le renouvellement d’un savoir-faire séculier. Il entrelace matière tangible textile et matière lumière/mouvement, tradition et innovation. Il s'agit de créer de nouvelles émulsions et entrelacements, tant sur le plan technique, formel, que perceptuel. La matière vidéo joue avec la trame et le noeud de la tapisserie. Cette dernière, loin d'être un simple écran, fonctionne en émulsion avec l'image projetée, se fait "matrice" de la matrice vidéo et informatique, constituée d'images réelles captées et d'images générées. 

Le processus de recherche sur les propriétés lumineuses, optiques des matières et leurs textures pour la réalisation technique du tissage – et à travers celle-ci le savoir-faire mis en œuvre – est documenté. Les spécificités des différentes étapes de la création et de la production seront mises en avant dans un objectif de médiation.

Le tissage de la tapisserie a été réalisé par les ateliers Patrick et Marie Guillot et Cc Brindelaine en 2015.

Pascal Haudressy, né en 1968, vit et travaille à Paris. Sculpteur et artiste numérique, ses oeuvres figurent parmi les collections de personnalités et hommes d’affaires internationaux. ll est représenté par la Louise Alexander Gallery. Après dix ans passés à l’Unesco en tant que responsable de projets culturels et de nombreuses réalisations impliquant des artistes de notoriété internationale, Pascal Haudressy décide de se consacrer pleinement à son travail artistique personnel. Ses premières œuvres datent de 2005.  Son travail crée un lien entre passé et futur, entre science et mythe. Dès le départ, ses sculptures, installations et vidéos se caractérisent par leur exceptionnelle technicité et l’utilisation de matériaux et de technologies de pointe. Le caractère esthétique du travail pleinement assumé par l’artiste ne se départit jamais d’une forte dimension symbolique et d’un questionnement existentiel sur le devenir de l’homme. Les mutations du réel et la pluralité des expériences qui en découlent constituent le point nodal de la réflexion et de la pratique artistique de Pascal Haudressy.

 

Ce projet a bénéficié du soutien du Ministère de la Culture et de la Communication, du Programme Opérationnel Massif Central et de la Région Languedoc-Roussillon.

Pour aller plus loin

Tout le travail de Pascal Haudressy sur son site.