Conference

La tapisserie d'exception et la création contemporaine

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Découvrez la Galerie Chevalier, vitrine parisienne de la tapisserie d'Aubusson, par Amélie-Margot Chevalier, co-directrice de la Galerie Chevalier à Paris.

La Galerie Chevalier est une célèbre vitrine de la tapisserie d'Aubusson, l'une des seules galeries se consacrant uniquement à l'art tissé. Elle y présente des tissages anciens et s'ouvre à la création contemporaine en soutenant de jeunes artistes. Éditrice de tapis et de tapisseries, elle vient notamment de travailler avec l’Atelier Catherine Bernet à Felletin. Sa devise (d'après Gio Ponti) : "Nous représentons le passé mais nous avons l’intuition de l’avenir".
La Galerie Chevalier est dirigée par Amélie-Margot Chevalier, aux côtés de sa sœur Céline Letessier. Amélie-Margot, spécialiste de la tapisserie moderne et contemporaine (membre de la Compagnie nationale des experts, du Syndicat national des antiquaires et du Comité des galeries d’Art), y assure la direction artistique et la recherche sur les pièces.

À l'occasion de cette conférence, Amélie-Margot Chevalier reviendra sur son travail d'édition avec des artistes contemporains, comme Mathieu Ducournau, sur sa participation aux grands rendez-vous comme le salon Art Paris (au Grand-Palais), le Fine Art Paris (Carrousel du Louvre), ainsi que sur ses expositions consacrées à des tapisseries d'exception d'artistes incontournables de la tapisserie comme Jean Lurçat, Maégot, Riberzani.

Mercredi 4 mars à 18h, amphithéâtre de la Cité de la tapisserie. Entrée libre.

Une conférence organisée par la Société des Amis de la Cité internationale de la tapisserie et de son musée.

 

 

 

 

 

Les actus de la cité

A crowdfunding campaign for the Tolkien tapestries

18.02.2020
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Next Thursday, February 20, the Cité internationale de la tapisserie in Aubusson, France, will launch a crowdfunding operation on the Kickstarter platform, for the creation of two of the fourteen tapestries of the Tolkien wall hanging intended to enter its collections labeled "Museum of France".

The Cité de la tapisserie is continuing to create thirteen wall tapestries and a knotted carpet from original illustrations by the famous author of The Lord of the Rings and Bilbo the Hobbit, JRR Tolkien, as part of the operation “Aubusson weaves Tolkien”. With eight weavings produced by the workshops and factories of Aubusson-Felletin, more than half of the tapestries have seen the light, four of which were exhibited in the large exhibition that the Bibliothèque nationale de France devoted to Tolkien until February 16th. The works are visible in the exhibition of the Cité de la tapisserie as and when "the cutting of the loom" ceremonies and the first weaving supported by the crowdfunding operation will be on display during the summer 2020.

Launching this crowdfunding campaign is a way to benefit from the positive momentum generated by the Tolkien exhibitions in Oxford in 2018 and even more at the Bibliothèque nationale de France in 2019-2020 and reach their enthusiastic public: the crowdfunding operation represents a great opportunity to communicate around the "Aubusson weaves Tolkien" project.

To participate in the adventure of the realization of this monumental wall hanging, by supporting the weavings of two emblematic tapestries of the Hanging, it is also to open the possibility of extending the Tolkien Hanging by weaving one or two new tapestries as the Tolkien Family wishes, according to the results of the crowdfunding campaign. And with that, supporting the production chain provided by private workshops and factories of the department of Creuse, with their great know-how.

2 mythical scenes from Bilbo the Hobbit

The weaving of Bilbo woke up with the early Sun in his Eyes (accessible to the public on an ad hoc basis in the weaving workshop of the Cité de la tapisserie) will begin in March and will be revealed in the summer 2020. Conversation with Smaug will close the operation and be cut from the loom one year later.

The funding target is set at 100,000 euros. The campaign will run for 30 days and end on March 20th, 2020.

Find the project page on Kickstarter:

https://www.kickstarter.com/projects/citetapisserie/aubusson-weaves-tolkien

Un premier "Carré d'Aubusson" pour la Cité de la tapisserie - communiqué

11.02.2020
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Les Horizons perdus, une installation de Delphine Ciavaldini - dossier de presse

11.02.2020
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Les actus de la cité

Une première œuvre pour la collection "Carré d'Aubusson"

10.02.2020
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La Cité internationale de la tapisserie lance sa nouvelle collection "Carré d'Aubusson", avec une première œuvre tissée d'après Raúl Illarramendi. Révélation le 14 février prochain.

La collection "Carré d’Aubusson", dont les œuvres sont destinées à entrer dans le Fonds contemporain de la Cité internationale de la tapisserie à Aubusson, a l’ambition d’initier et de produire une série d’œuvres contemporaines en tapisserie, à l’échelle de l’habitat et du décoratif, d’une surface carrée d'environ 3,3 m² (1,84 m x 1,84 m), en lien étroit avec des galeries.

La direction artistique de la collection a été confiée à Mathieu Buard, commissaire d'expositions et professeur à l'École Duperré (Paris). Le premier artiste sollicité pour rejoindre le Fonds contemporain de la Cité de la tapisserie au sein de la collection "Carré d'Aubusson" est Raúl Illarramendi, dans le cadre d'une convention signée avec la galerie Karsten Greve (Paris). Le tissage de son "Carré", Détail inachevé - EA 236, confié à l'atelier Just'Lissières à Aubusson, sera libéré du métier à tisser le 14 février prochain au sein de l'atelier, puis présenté au public à 16h à la Cité internationale de la tapisserie.

Pourquoi la collection "Carré d'Aubusson" ?

Aujourd'hui la tapisserie de basse-lisse est présente dans de grandes galeries spécialisées, telles que Chevalier, Hadjer, Boccara ou Deroyan, qui ont déjà une clientèle captive. Avec la collection "Carré d'Aubusson", l'objectif est d'aller chercher des galeries d'art contemporain d'envergure internationale (la galerie Karsten Greve est présente à Paris, en Suisse et en Allemagne), qui peuvent s'intéresser à la tapisserie dans un contexte de plus en plus favorable aux arts textiles, pour l'intégrer dans ses expositions aux côtés des autres productions de ses artistes.

Après avoir identifié un artiste pressenti pour la création d'un "Carré", la Cité de la tapisserie sollicite sa galerie pour le financement d'une maquette de tapisserie. La galerie cède à la Cité de la tapisserie les droits de tissage du premier exemplaire (sur les huit possibles), dont la fabrication est assurée par le Fonds régional pour la création de tapisseries contemporaines. La Cité de la tapisserie met ensuite l'exemplaire à disposition de la galerie, ponctuellement, afin que l'œuvre soit présentée parmi les autres productions de l'artiste, dans le but de générer des retissages pour le compte de collectionneurs au sein des ateliers de la région d'Aubusson-Felletin.

Pour intéresser les collectionneurs d'art contemporain et correspondre à leur budget moyen, les coûts de production et le calendrier sont totalement maîtrisés, en amenant les artistes à appréhender la technique de la tapisserie, à maturer longuement leur maquette à travers des mini-résidences à Aubusson.

"Contrepoint aux appels à projets monumentaux que la Cité de la tapisserie réalise par ailleurs, chaque carré de tapisserie, par sa valeur patrimoniale et contemporaine, devient écran textile, fenêtre picturale, paysage tissé...

Dans cet ensemble particulier, la force décorative renoue avec l’usage traditionnel de la tapisserie, produit mobile et mobilier vertical, à échelle domestique : un format à la valeur immersive et, paradoxalement, à la mesure du quotidien.

La collection a pour objectif de mettre en œuvre des productions destinées à des accrochages de la sphère de l'intime. La sélection des artistes contemporains, dont la traduction du langage plastique interroge avec pertinence l’écriture du point de tapisserie, du textile dans son actualité et des qualités intrinsèques d’une image qui apparaît dans l’étoffe par le biais d'une transcription spécifique, viennent actualiser le médium.

Cette série d’œuvres se pense, dès la conception, au regard de la technique patrimoniale d’Aubusson et développe une vision prospective de la place de la tapisserie, interroge la qualité narrative, figurative, prise dans les enjeux actuels tels que le numérique, les questions de représentation, de dimensions et de définitions du visible."

Mathieu Buard.

 

L'artiste

Né en 1982 à Caracas, au Venezuela, Raúl Illarramendi a débuté sa formation artistique en 1998 comme assistant du peintre Felix Perdomo. Il est devenu membre du Circulo de Dibujo du musée d’Art contemporain de Caracas Sofia Imber avant d’aller étudier les beaux-arts et l’histoire de l’art à l’University of Southern Indiana, à Evansville, aux États-Unis. Son travail a reçu différents prix aux États-Unis et en France, le dernier en date étant le prix Jean Chevalier en 2011, récompense attribuée à un peintre de la région Rhône-Alpes ou des régions contiguës. Raúl Illarramendi vit et travaille à Méru, dans l’Oise, en France.

Les lissières

L'Atelier Just'Lissières est un atelier de tissage d'un nouveau genre, créé par plusieurs jeunes lissières diplômées du Brevet des Métiers d'Art "Art de la tapisserie de basse-lisse" en 2018, sous forme collective, avec un fonctionnement horizontal où chacune reste indépendante. En 2019, le collectif s'est vu confier la réalisation de l'œuvre C'est l'Aube de l'artiste eL Seed prévue pour le printemps  2020, ainsi que le premier "Carré d'Aubusson".

 

Expo en cours

La Galerie Tolkien

Du 01 February 2020 au 31 December 2020
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La « Terre du Milieu » s'installe à Aubusson ! La Cité de la tapisserie poursuit la création de 13 tapisseries murales et un tapis d’après des illustrations originales du célèbre auteur du Seigneur des Anneaux J. R. R. Tolkien, dans le cadre de la réalisation de la tenture-événement « Aubusson tisse Tolkien ». Les œuvres se déploient désormais au fil du parcours. 

La Cité de la tapisserie présente les tapisseries de la Tenture Tolkien au fur et à mesure de leur réalisation. Les espaces de circulation du rez-de-chaussée et du 1er étage présentent désormais les œuvres de la Tenture Tolkien. Fin février 2020, avec le retour des 4 pièces de la Tenture prêtées pour l’exposition « Tolkien, voyage en Terre du Milieu » à la Bibliothèque nationale de France, ce seront 8 œuvres qui seront à découvrir au cœur du parcours de la Cité de la tapisserie. 3 de plus les rejoindront au cours de l’année. Les tissages en cours se découvrent dans l’atelier de lissiers hébergé au 2e étage de la Cité.

Au programme de ce début d’année 2020, le lancement du tissage de Bilbo Woke up with the early Sun in his eyes et du tapis à point noué, le Numenorean Carpet.

Les actus de la cité

L'ouvrage "Les Horizons perdus"

29.01.2020
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Le 26 février 2020 paraît aux Éditions de l’Attente Les Horizons perdus de Jean-Daniel Baltassat et Stephen Horne – autour de l’installation artistique éponyme de Delphine Ciavaldini à la Cité internationale de la tapisserie à Aubusson. À découvrir en avant-première à Aubusson et Felletin dès le 14 février.

Ce livre vient s’inscrire dans une toute nouvelle collection proposée par l’éditeur bordelais,  « L’art à lire » dédiée aux écrits sur l’art. L’ouvrage, bilingue français/anglais, est constitué d’un texte introductif poétique par Jean-Daniel Baltassat (traduit en anglais par Jennifer K. Dick) et d’un texte critique et didactique par Stephen Horne (traduit en français par Pascal Poyet), autour de l’œuvre in situ de l’artiste. Un cahier 16 pages d’images en couleur vient s’insérer dans le livre pour restituer la dimension visuelle de l’installation en fils de laine. Photographies de Zoé Forget.

 

Extrait (texte de J.-D. Baltassat, p. 7) :

Tôt dans l’histoire des humains les fibres

— lin laine chanvre jute

abaca kapok alfa genet

yack maguey ou sisal,

d’autres encore —

les fibres brins fils vibrent entre les doigts des femmes. S’étirent, se nouent, s’assemblent, tissent et tapissent le monde humain d’ouvrages de tisserandes discrètes, inventant déployant la première langue de nos tribus — géométries de lignes, plans, surfaces et torsions de brins — langue de notre conscience face au cosmos immense, mouvant, si terriblement énigmatique, si menaçant.

Les auteurs :

• Jean-Daniel Baltassat est né en 1949 en Haute-Savoie. Après des études d’histoire de l’art, de cinéma et de photographie, il devient de 1972 à 1979 directeur artistique pour différentes agences de publicité et maisons de mode. Dans le même temps, il crée une galerie/coopérative à Paris (1973/1977) « La Manivelle ». À partir du milieu des années 1980, il se consacre exclusivement à l’écriture, considérant l’écriture romanesque comme une « vie de métiers et un métier de vies ». Son premier roman, « La falaise », paru en 1987, figure dans la sélection du Prix Nocturne en 2014. Son neuvième roman, « Le Divan de Staline » (liste Goncourt 2013) a été adapté au cinéma par Fanny Ardant. Son dernier livre, « La tristesse des femmes en mousseline », est arrivé deuxième pour le prix Voix des lecteurs de Nouvelle-Aquitaine 2019.

• Stephen Horne est un critique d’art et commissaire d’exposition indépendant canadien. Il vit en France, dans la Creuse, et à Montréal, Canada. Ses commentaires et ses essais sont publiés à l’international dans des revues, des anthologies et des catalogues d’exposition. Comme professeur au Nova Scotia College of Art and Design et à l’Université Concordia, Stephen Horne a enseigné les arts médiatiques, la théorie et la critique. Ses publications récentes comprennent notamment des essais pour des catalogues du Musée des beaux-arts du Canada et du Musée d’art contemporain de Montréal.

Le livre est présenté en avant-première dans le cadre d’une rencontre-dédicace avec Jean-Daniel Baltassat, Stephen Horne et Delphine Ciavaldini à la médiathèque de Felletin (23) le 14 février 2020 à 18h30.

Infos pratiques

Fondées en 1992 à Bordeaux par Franck Pruja et Françoise Valéry au terme de leurs études aux Beaux-Arts, les Éditions de l’Attente publient une littérature poétique de recherche et de création qui s’invente et se renouvelle au croisement des genres littéraires : fictions poétiques, nouvelles, textes inclassables, œuvres oulipiennes, écrits d’artistes… Des écritures irriguées de pratiques et questionnements satellites : musique, sciences, cinéma, politique, arts plastiques ou numériques, écologie… révélant des visions du monde à la fois poétiques, critiques et philosophiques, souvent tragi-comiques, animant et questionnant une langue innovante et ancrée, usuelle et intellectuelle.

Leurs publications sont souvent supports de performances scéniques par leurs auteurs, ou supports d'ateliers en milieu scolaire, universitaire ou dans le cadre d’actions socio-culturelles auprès de personnes proches ou éloignées de la littérature : la poésie contemporaine a le potentiel d’ouvrir à la lecture et à l’écriture...

https://www.editionsdelattente.com/

Conference

Rencontre-conférence avec Martine Peucker-Braun

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Pour la première conférence de l'année, la Société des Amis de la Cité internationale de la tapisserie accueille l'artiste Martine Peucker-Braun, pour une rencontre autour de son œuvre La Création du monde, récemment déposée à la Cité internationale de la tapisserie par un particulier et réalisée en 2012-2013 par le lissier Daniel Bayle pour l'atelier Pascal Legoueix.

Les œuvres de Martine Peucker-Braun sont régulièrement exposées à la galerie AM'carta, dans le quartier de La Terrade à Aubusson. L'artiste creusoise reviendra sur son travail à l'aquarelle et la transposition de ses œuvres en tapisseries, réalisées en exemplaires uniques. Elle présentera également son nouvel ouvrage, conjuguant poésie et aquarelle : Lettres à toi (aux éditions Maïade).

 

 

Infos pratiques

Mercredi 5 février, 18h, amphithéâtre de la Cité de la tapisserie, entrée libre. La conférence sera suivie d'une séance de dédicaces proposée par la librairie La Licorne. Cette conférence est organisée en partenariat avec l'association Le plaisir de lire.
Expo en cours

Nouvel accrochage pour 2020

Du 01 February 2020 au 31 December 2020
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La Rencontre du Cannibale et des Carnassiers (détail), d'après Daniel Riberzani, tissage Atelier Legoueix, 1984. Collection particulière.

Dès sa réouverture le 1er février 2020, la Cité internationale de la tapisserie présente une Nef des Tentures repensée : plus de trente tapisseries, soit près des deux tiers des œuvres tissées mises en avant dans cet espace sont renouvelées afin de présenter l’évolution de l’art du tissage pendant près de six siècles dans la région d’Aubusson, avec notamment de nouvelles grandes séries narratives du XVIIe siècle, jusqu’aux signatures les plus prestigieuses du XXe siècle, comme Picasso, Vasarely, Kandisky, Le Corbusier ou encore Matégot.

À partir de la première moitié du XVIIe siècle, les cartonniers de la région d’Aubusson accompagnent la popularité des grandes œuvres littéraires, des récits bibliques, mythologiques ou littéraires, en proposant des séries de tapisseries, appelées « tentures » tirées d’estampes ou de peintures ; l’importance des surfaces tissées permettant de dérouler le fil narratif d’une histoire. En 2020, la section consacrée aux grandes tentures narratives vous plonge dans de nouveaux récits : une pièce est issue d'une suite illustrant l'histoire d'Ariane d'après le roman Ariane de Jean Desmaret de Saint-Sorlin (1595-1676), Ariane accueille Mélinte à Syracuse (vers 1650) d’après Claude Vignon. Plusieurs œuvres sont signées du peintre Isaac Moillon : l’histoire de Didon et Enée se découvre à travers 2 œuvres, dont un don récent de Yvan Maes De Wit (Manufacture royale De Wit), Le Suicide de Didon. Les peintures d’Issac Moillon ont engendré onze tissages d’épisodes de l’histoire de Psyché, dont trois sont conservés à la Cité de la tapisserie et présentés dans cet accrochage.

Le Suicide de Didon (détail), d'après Isaac Moillon, XVIIe siècle, Aubusson, don de Yvan Maes De Wit (Manufacture royale De Wit).

Le XVIIIe siècle voit l’essor des tissages fins, réalisés pour une clientèle européenne friande de produits de luxe en ameublement. Montezuma et Cortés, notamment, représentant la rencontre entre le puissant chef aztèque Moctezuma et le conquistador de l’actuel Mexique Hernán Cortés, illustre le goût de l’exotisme en vogue à l’époque.

Une rareté accompagne ces tapisseries fines : un authentique plomb de la Manufacture Royale (vers 1760-1770) que l’on apposait afin de garantir la qualité et l’authenticité d’une tapisserie, l’un des seuls conservés dans une collection publique française.

Les productions du XXe siècle sont renouvelées, avec en ouverture une rarissime tapisserie de style Art Nouveau réalisées à Aubusson, Les Perroquets de Henry de Waroquier.

Les Perroquets, de Henry de Waroquier, 1901-1902, tissage de l'école Nationale d'Art Décoratif d'Aubusson, collection de l'ENAD d'Aubusson en dépôt à la Cité internationale de la tapisserie.

Sont mises en avant les recherches d’artistes comme Paul Deltombe en broderie, cette technique réalisée par les femmes de leur entourage proche leur permettant d’expérimenter la dimension textile de leurs œuvres en se détachant des pratiques des ateliers de tapisserie de l’époque. Ces recherches artistiques sont aujourd’hui considérées comme l’une des sources du mouvement de Rénovation de la tapisserie porté par l’École nationale d’Art décoratif et son directeur Antoine-Marius Martin dès 1917. Ainsi, l’on découvrira une broderie de Paul Deltombe, ami intime d’Antoine-Marius Martin, La Porteuse de fruits (offerte par le galeriste Berdj Achdjian à la suite de l’exposition temporaire de la Cité internationale de la tapisserie en 2018, « Broderies d’Artistes »). Le travail de l’École nationale d’Art Décoratif visant le renouveau de la tapisserie, et présenté notamment à travers l’Exposition internationale des Arts Décoratifs de Paris en 1925, est illustré par des œuvres de Paul Véra ou encore Georgette Agutte (qui sera la première artiste à faire don d’une série d’œuvres des avant-gardes françaises à une collection nationale).

La section consacrée au XXe siècle porte haut les couleurs des peintres cartonniers, avec, entre autres, la plus grande tapisserie de Jean Lurçat conservée dans les collections de la Cité de la tapisserie, Le Temps, ou encore L’Astrolabe de Jean Picart-Le-Doux. Le Cerf Volant du grand designer Mathieu Matégot rappelle son activité, peu connue aujourd’hui de peintre cartonnier – et qui pourtant sera si marquante pour lui qu’il délaissera peu à peu la création de mobilier design pour se consacrer à la création de cartons de tapisseries.

Cerf Volant, de Mathieu Matégot, 1952, tissage Atelier Tabard, collection Cité internationale de la tapisserie (acquis avec l'aide du FRAM Limousin).

Un portrait de Guy Sallandrouze (1934-2019) enfant, descendant de la famille Sallandrouze à l’origine de la plus grande manufacture d’Aubusson au début du XIXe siècle, témoigne de la résidence de Jean Lurçat avec sa famille à Aubusson, dans le contexte de la deuxième guerre mondiale. L’œuvre, don récent de la Société des Amis de la Cité internationale de la tapisserie et de son musée, est signée de la deuxième épouse de Jean Lurçat, Rossane, qui vécut à Aubusson de 1939 à 1941 et y fit le portrait de dizaines d’habitants, dont beaucoup de lissiers. Cette œuvre de grande qualité, parmi les sept portraits conservés par la Cité de la tapisserie, rend hommage à cette artiste, dessinatrice sensible et d’une grande délicatesse aujourd’hui éclipsée par le charisme de son mari.

Portrait de Guy Sallandrouze, par Rossane Lurçat, crayon sur papier, collection Cité internationale de la tapisserie, don de la Société des Amis de la Cité internationale de la tapisserie.

Le plan de relance de la tapisserie dans les années 1980, lancé par le Ministère de la Culture et le Centre national des Arts plastiques, est évoqué à travers une œuvre monumentale du peintre cartonnier Daniel Riberzani qui en fut le premier jeune boursier : La Rencontre du Cannibale et des Carnassiers, prêt d’une collectionneuse privée.

En parallèle des travaux des peintre cartonniers, l’on se plonge dans le mouvement des « tapisseries de peintres », nécessitant l’intervention d’un intermédiaire pour la transposition des maquettes des grands artistes en cartons pour la tapisserie, comme le fut notamment le professeur de l’École nationale d’Art décoratif d’Aubusson Pierre Baudouin. Les avant-gardes du XXe siècle y sont largement représentés, avec des œuvres de Robert Delaunay, Alexander Calder, Pablo Picasso, Max Ernst, Vassily Kandinsky, Victor Vasarely, pièces issues de prêts du Mobilier national ou d’acquisitions récentes. Prêt du Mobilier national, une pièce de Le Corbusier, L’ennui régnait au dehors, montre la collaboration, peu connue, entre Victor Vasarely et l’architecte pour la mise au point de nombreux cartons de tapisserie.

Le parcours s’achève sur une évocation des recherches des années 1930, avec notamment le monumental Saturne (l’homme) du diptyque Les Saisons et les Arts de Jean Lurçat pour l’éditrice Marie Cuttoli. Pomone, la femme de ce diptyque, est prêtée pour 2020 à la prestigieuse Fondation Barnes de Philadelphie, qui consacre une rétrospective aux tapisseries de Marie Cuttoli et emprunte également à la Cité de la tapisserie Shadows de Man Ray.

L’accrochage de la Nef permet d’observer la tapisserie et son carton : Cuttoli commandait aux artistes une huile sur toile qui était directement installée sur le métier et tissée !

Les actus de la cité

Décès de Christopher Tolkien

17.01.2020
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La présidente et l'équipe de la Cité internationale de la tapisserie à Aubusson ont appris avec une très grande tristesse le décès de Christopher Tolkien dans la nuit de mercredi à jeudi. Leurs pensées vont à son épouse Baillie Tolkien, à leurs enfants et à toute leur famille.

Il y a un an, Christopher découvrait les quatre premières tapisseries de la Tenture Tolkien à l'Abbaye du Thoronet grâce au concours du Centre des Monuments nationaux. Il n'aura malheureusement pas eu le temps de voir les dernières tapisseries qui devaient lui être présentées ce printemps, dont Rivendell qui avait une importance toute particulière à ses yeux.

Très attaché à faire connaître l'œuvre graphique de son père, Christopher a joué un rôle fondamental dans la sélection des dessins originaux de J. R. R. Tolkien retenus pour le projet "Aubusson tisse Tolkien".