Les actus de la cité

Aubusson & l'UNESCO: 10 ans !

31.01.2019
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L'année 2019 sera jalonnée par les rendez-vous célébrant le dixième anniversaire de l'inscription des savoir-faire de la tapisserie d'Aubusson au Patrimoine culturel immatériel de l'humanité par l'UNESCO.

En septembre 2009, les savoir-faire et techniques de la tapisserie d'Aubusson étaient inscrits sur la liste représentative du Patrimoine culturel immatériel de l'humanité  par l'UNESCO, à un moment où la pratique de la tapisserie à Aubusson était en réel danger. Dix ans, cinq promotions d'élèves lissiers, plusieurs ouvertures d'ateliers et des dizaines de créations contemporaines plus tard, la sauvegarde du savoir-faire paraît assurée, dans un contexte mondial marqué par un regain d'intérêt certain pour l'art textile.

Le coup d'envoi des célébrations sera donné les 5 et 6 février 2019, avec les rencontres européennes "Patrimoine culturel immatériel, musées et innovation" organisées par le Projet "Patrimoine culturel immatériel et Musées" (IMP) en partenariat avec le Centre français du Patrimoine culturel immatériel, à la Cité de la tapisserie. Dans ce cadre, la Cité de la tapisserie reçoit les membres du Théâtre des Origines (Pézenas, 34) en résidence pour la création d'une "conférence burlesque" alimentée par leur découverte du Patrimoine culturel immatériel d'Aubusson. (Représentation publique le 5 février à 18h.)

Les 27 et 28 août 2019, la Cité de la tapisserie accueillera une summer school de l'université de Bordeaux, ouverte au public sur inscription, pour des conférences et des visites thématiques sur la question de l'interprétation tissée, une immersion dans la filière tapissière de la région.

La notion de "tapisserie à 4 mains" (celles de l'artiste créateur et celles du lissier interprète textile) ainsi que la présence d'une filière de production complète furent deux axes prépondérants lors de l'inscription de la tapisserie d'Aubusson au Patrimoine culturel immatériel par l'UNESCO, seront particulièrement à l'honneur à l'occasion des Journées européennes du Patrimoine, les 21 et 22 septembre 2019 : un grand rendez-vous entre le public et les savoir-faire d'Aubusson, dix ans tout juste après l'inscription à l'UNESCO, pour découvrir le processus de création d'une tapisserie, du carton au tissage.

"Glorund" et "Halls of Manwë", de JRR Tolkien

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Christmas 1926, une tapisserie de JRR Tolkien

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Deux Indications Géographiques pour le tapis et la tapisserie d'Aubusson (communiqué)

11.12.2018
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"Christmas 1926": une Lettre du Père Noël pour les fêtes (communiqué)

03.12.2018
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Les actus de la cité

"Christmas 1926": une Lettre du Père Noël pour les fêtes

30.11.2018
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Les "tombées de métier" des tapisseries qui constituent la Tenture Tolkien, initiée en 2017 par la Cité internationale de la tapisserie en partenariat avec le Tolkien Estate, s'enchaînent au rythme de 4 par an. La fin de l'année 2018 verra le dévoilement d'une œuvre "de saison" : la première pièce issue des "Lettres du Père Noël".

Réalisée à partir d'illustrations originales de l'auteur J.R.R. Tolkien, la tenture actuellement en cours de réalisation à Aubusson prend appui sur quatre grands ensembles : Les Lettres du Père Noël (recueil de lettres écrites et illustrées par J. R. R. Tolkien), Le Hobbit, Le Seigneur des anneaux, ainsi que Le Silmarillion (publiée à titre posthume en 1977 par le fils de J. R. R. Tolkien, Christopher Tolkien), qui retrace les premiers Âges de l’univers de la Terre du Milieu, cadre des romans. Treize tapisseries murales seront ainsi réalisées. La quatorzième œuvre, Numenorean Carpet, sera réalisé au point noué.

Christmas 1926, qui tombera du métier à tisser de l'Atelier Patrick Guillot au sein de la Cité de la tapisserie le 21 décembre prochain, illustre le talent, plus confidentiel, d'un J. R. R. Tolkien extraordinaire auteur de contes pour enfants.

Les Lettres du Père Noël

Moins connues du grand public que celles issues de l'invention de la Terre du Milieu, ces œuvres figurent parmi les plus personnelles de l'auteur.

En 1920, John Tolkien, fils ainé de l’auteur alors âgé de 3 ans, reçoit une lettre venue tout droit du Pôle Nord, expédiée par le Père Noël en personne. Cette lettre lance une tradition familiale qui perdurera jusqu’en 1943, soit jusqu’aux 14 ans de Priscilla, la cadette des quatre enfants Tolkien.

Pendant près de 20 ans, chaque année au mois de décembre, le Père Noël raconte aux enfants Tolkien son quotidien et aventures, souvent les mésaventures provoquées par son premier assistant, l’ours polaire Karhu. Au fil des années, les lettres deviennent de plus en plus longues, toujours accompagnées d’une ou plusieurs illustrations. Les lettres et dessins ont été publiés pour la première fois en 1976 dans une édition préparée par Baillie Tolkien, l'épouse de Christopher.

Une série plus intimiste au sein de de la tenture

Ce premier tissage de la série des Lettres du Père Noël est marqué par une interprétation plus intimiste, conformément au caractère familial des œuvres, à l'origine destinées uniquement au cadre familial : un format plus petit, un tissage plus fin permettant plus de détails dans un format plus petit (5,5 fils au centimètre contre 4 pour les pièces précédentes). Un traitement qui invitera le spectateur à une observation plus proche, dans un rapport plus intime avec la matière et l'œuvre.

L'œuvre : un dessin à deux mains... et deux pattes

Christmas 1926, d’après Les Lettres du Père Noël de J.R.R. Tolkien, 1926, tissage en cours par l'atelier Patrick Guillot d'une tapisserie de 2,50m x 3,07m. © The Tolkien Estate Ltd 1976.

Sur les enveloppes, Tolkien dessinait un timbre représentant le Pôle Nord, pour que les Lettres soient reconnaissables du premier coup d'œil. Cette représentation du Pôle Nord est l’élément de base dans la lettre et l’illustration de 1926 : un pôle découpé par une stalagmite géante, adossé à une aurore boréale.

Cet épisode des aventures du Père Noël prend la forme d'un dialogue entre le vieil homme à la main tremblante et son espiègle assistant, dans la rédaction comme dans la réalisation du dessin.

On découvre que l'Ours du Pôle Nord a déclenché un feu d'artifice extraordinaire en allumant "deux ans d'Aurores boréales en un instant", que le Père noël dit avoir du mal à retranscrire, malgré le grand renfort de couleurs, car il lui semble "impossible de peindre la lumière qui fuse".

Puis c'est l'Ours du Pôle Nord qui prend le relai, racontant combien il s'est amusé et se croquant lui-même, hilare, observant le Père Noël lancé à la poursuite de ses rennes effrayés par l'explosion.

 

En 2019, les tissages des pièces de la Tenture Tolkien se poursuivront dans l'atelier de tapisserie hébergé au 2e étage de la Cité de la tapisserie, accessible ponctuellement au public, et les œuvres réalisées seront visibles dans les espaces d'exposition.

The Cité de la tapisserie - English presentation 2018-2019

29.11.2018
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Œuvres tissées

Bilbo comes to the Huts of the Raft-elves

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Bilbo comes to the Huts of the Raft-elves (Bilbo parvient aux huttes des Elfes des Radeaux)
D’après une aquarelle originale de J.R.R. Tolkien pour The Hobbit, 1937, tapisserie de 3,2 m x 2,78 m, tissage Ateliers A2 et Françoise Vernaudon, Aubusson, 2018. Collection Cité internationale de la tapisserie. © The Tolkien Estate Ltd 1937.

Le 06 avril 2018, la première tapisserie jamais créée d'après l'œuvre graphique originale du père de Bilbo Le Hobbit, J. R. R. Tolkien, était dévoilée après des mois de tissage, et entrait dans les collections de la Cité internationale de la tapisserie. Le travail des lissières de l'Atelier A2 et de l'atelier Françoise Vernaudon avait su convaincre la foule rassemblée pour la découvrir et l'œuvre avait été saluée par la Famille Tolkien. 

En découvrant Bilbo comes to the Huts of the Raft-elves, Baillie Tolkien, belle-fille du célèbre auteur et qui a été son assistante pendant les dix dernières années de sa vie, notait à quel point la tapisserie soulignait la qualité de l'œuvre de son beau-père en la transposant dans des dimensions monumentales. Elle se réjouissait de la rencontre du savoir-faire français avec l'œuvre graphique du « so British » Tolkien : « Je suis convaincue qu’il aurait été absolument ravi de cette tapisserie et du fait que des mains humaines ont travaillé maille après maille pour reproduire son œuvre. »

Retrouvez la tombée de métier en vidéo :

L'œuvre

L'aquarelle originale

C’est l’illustration préférée de Baillie Tolkien. Après leur combat avec les araignées, la troupe de hobbits se fait capturer par les Elfes de la Forêt : seul Bilbo leur échappe, grâce au pouvoir de l’anneau. Les suivant jusqu’à leurs cavernes, il finit par libérer ses compagnons et les cache dans des tonneaux de vin vides, tonneaux rejetés dans la rivière grâce à une trappe prévue à cet effet. Bilbo se cramponne à l’un des barils et tous dérivent sur la rivière, jusqu’à ce qu’ils soient récupérés par les Elfes des Radeaux qui transportent les tonneaux vides vers Bourg-du-Lac. Contrairement au texte qui fait se dérouler la scène de nuit, le jour est levé : peut-être ce soleil levant suggère-t-il la « renaissance » de la compagnie, après son enfermement au palais du roi des Elfes de la Forêt, Thranduil. Une fois encore, Tolkien se sert en expert de la gouache, en particulier pour l’eau claire autour des barils. Pour le ciel matinal brillant, il s'agit tout simplement de la couleur du papier vierge.

Le Hobbit (Extrait - Chapitre 9 « Treize tonneaux à la dérive »)

« Ainsi M. Bessac finit tout de même par arriver dans un lieu où les arbres devenaient plus clairsemés de chaque côté. Un ciel plus pâle se dessinait entre leurs cimes. Le sombre cours d’eau s’élargit soudain et rejoignit le flot généreux de la Rivière de la Forêt, arrivée en trombe des grandes portes du roi. Au milieu de cette échancrure, à la surface des eaux qui glissaient imperceptiblement, se voyaient les reflets changeants et brisés de nuages et d’étoiles. Puis le flot pressé de la Rivière de la Forêt entraîna tous les fûts et les barriques vers sa rive septentrionale, où son  cours avait sculpté une large baie. Celle-ci était ceinturée de hautes berges qui donnaient sur une plage de galets, et du côté est, un petit promontoire rocheux s’avançait jusqu’au rivage. La plupart des tonneaux s’échouèrent dans ses eaux peu profondes ; d’autres se heurtèrent à sa jetée de pierre. »

Un tissage inédit

© The Tolkien Estate Ltd 1937 / Photo Nicolas Roger

Après une semaine consacrée au montage de la chaîne sur le métier à tisser, la responsable de l’Atelier A2 France-Odile Crinière-Perrin et ses deux collaboratrices Patricia Bergeron et Aïko Konomi, toutes deux issues de la formation de lissiers, ont réceptionné les laines fournies par la Filature Terrade à Felletin et teintes spécialement pour le projet par le teinturier aubussonnais Thierry Roger. Pour éviter les disparités et créer l’unité de la tenture Tolkien, la Cité de la tapisserie a en effet choisi de fournir aux ateliers chargés des tissages les laines teintes selon les couleurs définies par le comité de tissage et qui sont communes aux différentes pièces.

Débuté au cours du mois de décembre 2017, ce premier tissage Tolkien a représenté un marathon. L'équipe s'est renforcée avec l'arrivée de la lissière Françoise Vernaudon à partir de janvier 2018. La tapisserie a été achevée début avril 2018.

Au-delà du rythme soutenu, les œuvres de la tenture Tolkien représentent un défi technique, car la manière de la tisser demande une certaine gymnastique. La définition des grands principes techniques et esthétiques des futures tapisseries a été établie en amont par le comité de tissage constitué de la cartonnière Delphine Mangeret, d’un lissier retraité référent, René Duché, et du conservateur de la Cité de la tapisserie Bruno Ythier. Le choix retenu a été de tisser comme si J. R. R. Tolkien en personne avait amené ses dessins aux ateliers d'Aubusson, c'est-à-dire en s'inspirant des réalisations des années 1930 au sein de l’École nationale d’Art décoratif d’Aubusson et en guidant les lissiers chargés des tissages selon un principe d’interprétation ancien que l’École avait remis en avant : l’usage de couleurs pures et une écriture technique très marquée en prenant modèle sur la tapisserie des XVe et XVIe siècles, peu utilisée aujourd’hui.

 

Œuvres tissées

Jusqu'au printemps 2021, les tissages des treize tapisseries murales et du tapis de la Tenture Tolkien vont se succéder dans les ateliers de la région d'Aubusson-Felletin. Les pièces sont dévoilées puis accrochées à la Cité internationale de la tapisserie au fur et à mesure de leurs finitions. Découvrez les tissages achevés.

Les actus de la cité

Premières de cordée : découvrez le catalogue de l’exposition

24.10.2018
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Du 17 juin au 23 septembre 2018, la Cité de la tapisserie organisait l’exposition Premières de cordée. Broderies d’artistes à l’origine de la Rénovation de la tapisserie, dédiée aux tapisseries brodées d’artistes entre 1880 et 1950. Richement illustré, le catalogue de l'exposition, Broderies d’artistes. Intimité et créativité dans les arts textiles de la fin du XIXe au milieu du XXe siècle, vous replonge dans l'histoire d'un tournant dans la création textile, pour lequel les femmes intimes des artistes ont joué un rôle décisif.

Pourquoi Aubusson, ville de tapisserie, s’intéresse-t-elle à des broderies ? C'est ce que développe Bruno Ythier, conservateur de la Cité de la tapisserie, dans son avant-propos : alors qu’à la fin du XIXe siècle la tapisserie telle que pratiquée par les Gobelins, Beauvais et Aubusson, faite de prouesses illusionnistes, n’attirait pas les artistes d'avant-garde, certains aspiraient néanmoins à une interprétation textile de leur œuvre, séduits par les techniques de la tapisserie médiévale. Leurs projets textiles vont avoir une importance décisive pour la Rénovation de la tapisserie de lisse alors souhaitée par les pouvoirs publics. À travers une sélection de 50 pièces textiles rares, l’exposition Premières de cordée explorait ainsi les origines de la Rénovation de la tapisserie au XXe siècle vers un retour à ses fondamentaux et mettait en avant les femmes restées dans l’ombre des artistes dont elles ont brodé les œuvres.

Dirigé par la commissaire scientifique de l’exposition, Danièle Véron-Denise, l’ouvrage revient sur les mots de la broderie, de ses techniques et de ses différents points, essentiels à la compréhension des œuvres présentées et de la rupture avec ce qui se faisait jusqu’alors. Ces éléments sont illustrés par de riches images de détails des œuvres.

Comment les avant-gardes artistiques de la fin du XIXe siècle ont-elles renouvelé l’art textile ? Comment ont-elles révolutionné l’esthétique de la tapisserie ? Les portraits de Maillol, Bernard, Ranson, Lurçat, Waroquier, Deltombe, Maillaud, Bissière et Pomey notamment permettent de revenir sur le contexte de création de ces œuvres en avance sur leur temps, mais aussi sur le rôle essentiel joué par les femmes du premier cercle de ces artistes.

Le catalogue répertorie l'ensemble des œuvres de l’exposition, illustrées en haute définition, regroupées pour la première fois en si grand nombre. L'ouvrage apporte ainsi un éclairage singulier sur les origines du renouveau de la tapisserie d’Aubusson au début du XXe siècle.

Broderies d’artistes. Intimité et créativité dans les arts textiles de la fin du XIXe siècle au milieu du XXe siècle, Danièle Véron-Denise, Silvana Editoriale, Milan, 2018.

Infos pratiques

Retrouvez l'ouvrage sur la boutique de la Cité de la tapisserie.