Les Amis de la tapisserie d'Aubusson

IMPRIMER
PARTAGER

Devenez Ami de la Tapisserie d’Aubusson

 
La tapisserie d’Aubusson est une partie emblématique de notre patrimoine reconnue mondialement par l'UNESCO. Aussi créative qu’à ses débuts de Manufacture royale sous Louis XIV, elle est l’expression d’un savoir-faire artisanal ancré dans nos territoires. Mariage unique entre matière, vision artistique et savoir-faire d’une région de grand renom, elle ne cesse de fasciner les amateurs de tous horizons, bien-au delà de nos frontières.  
Rejoindre les Amis de la Tapisserie d’Aubusson c’est intégrer l'histoire multiséculaire d’un art de vivre à la Française. 
Gianmarco Monsellato
 
Pour nous rejoindre, remplissez le formulaire ci-dessous et cliquez sur "Je souhaite adhérer".
L'équipe de la Cité internationale de la tapisserie vous contactera dans les plus brefs délais afin de vous guider dans votre démarche.

Les informations recueillies à partir de ce formulaire font l’objet d’un traitement informatique destiné à cite-tapisserie.fr aux fins de traitement de votre demande de contact. Conformément à la loi Informatique et Libertés du 06/01/1978 modifiée, les droits d’accès, de rectification, de suppression et d’opposition sur les données indiquées ci-dessus peuvent s’exercer par courrier à notre adresse présente sur notre site.

Les actus de la cité

Rencontres autour de l'œuvre d'Elsi Giauque

19.09.2019
IMPRIMER
PARTAGER

Dans le cadre de son Summer School Programme, la Michelangelo Foundation for Creativity and Craftsmanship a offert cet été la possibilité à 20 jeunes artisans et designers venus de toute l’Europe de suivre une formation à la Cité internationale de la tapisserie, aux côtés des lissières en cours de préparation du Brevet des Métiers d’Art « Art de la lisse » mis en place à la Cité de la tapisserie et coordonné par le GRETA du Limousin. Cette rencontre d'une semaine a abouti à la création d'une œuvre collective inspirée par le travail de l'artiste suisse Elsi Giauque, dont l'œuvre Élément virtuel spatial est visible jusqu'au 06 octobre dans l'exposition "Le Mur et l'Espace", en partenariat avec la Fondation Toms Pauli. L'œuvre collective est à découvrir au cœur du parcours d'exposition de la Cité internationale de la tapisserie.

Intitulée "Tapisserie et interprétation artistique", cette formation a permis à des étudiants originaires de Bulgarie, du Danemark, de France, de Pologne, de Lettonie, d’Espagne, de Slovaquie, de Suède et du Royaume-Uni de découvrir les techniques spécifiques de la tapisserie d’Aubusson ainsi que d’échanger avec les stagiaires de la formation du Brevet des Métiers d'Art sur les techniques employées en Europe.

Pendant toute la semaine, la première partie de la journée était consacrée à comprendre et à découvrir le monde de la tapisserie aubussonnaise (visites d’ateliers, filature, manufacture...) et les expositions de la Cité internationale de la tapisserie, l’autre partie était dédiée à l’élaboration d’une œuvre collective au sein de l’atelier de formation au 3e étage de la Cité de la tapisserie. Leur travail s’inspirait de l’œuvre tridimensionnelle de l’artiste suisse Elsi Giauque : Elément virtuel spatial (1969), prêt du MUDAC Lausanne. C’est une structure légère avec une chaîne tendue sur un cadre métallique, inégalement recouverte par une trame (fils de couleurs), juste posée.

Les participants du workshop venus de plusieurs pays européens, de cultures et de formations textiles variées ont dû relever le défi d’un cadre se pliant facilement sous la pression du tissage, d’utiliser des instruments locaux, de "tisser dans le vide", dans un délai d’une semaine. Tout cela sous le regard du "maître lissier" Christian Blanchon. Au cours de sa carrière, de ses rencontres avec Thomas Gleb, Huguette Arthur Bertrand, Pierre Daquin, il a expérimenté des tissages s’écartant de la tapisserie traditionnelle aubussonnaise, aussi innovants à l’époque que les recherches d’Elsi Giauque, visant à révéler "l’intérieur",  "l’ossature" de la tapisserie.

La question environnementale a été abordée au prisme des 4 éléments au cours de ce workshop. Les groupes de travail ont été composés d'au moins un artiste, un(e) lissier(e) “confirmé(e)”, un(e) apprenti(e) lissier(e) s’inscrit dans une perception aubussonnaise de la réalisation d’une tapisserie fondée, à Aubusson, sur l’idée d’une collaboration entre un artiste et un artisan d’art, où l’un propose l'intention artistique tandis que l’autre interprète avec sa technique. Cette répartition des rôles s’est quelque peu estompée durant le workshop, où certaines lissières aubussonnaises se sont confrontées à la création. Les différentes conceptions de la préparation et de la réalisation d’une tapisserie se sont ressenties dans les manières dont chacun ont collaboré, appréhendé le métier de basse-lisse,ont choisi les couleurs (avant, pendant le tissage), les élaborations ou non de cartons, l’exigence de régularité, le ressenti des communications entre les formes durant le tissage.

La Terre

La mort  

Artiste - Fanny Ciupa, lissière apprentie de la formation du Greta
Tissage -  Tissage sur cadre par Fanny, lissière apprentie de la formation du Greta.
Matières -  Feutrine de laines noire du Velay et laine de mérinos , laine chinée utilisation de fil de pêche pour la toile d’araignée.

Les minéraux

Artiste - Alisa Larsen, étudiante en design à la Royal danish academy of Fines Arts in Schools of Architecture, design and Conservation à Copenhague - Danemark
Tissage - Tissage collaboratif entre Valérie Vivier, lissière apprentie de la formation du Greta à la Cité de la Tapisserie et Alisa Larsen. Tissage sur métier de basse-lisse.
Matières - fil de pêche, rayonne, rubans, fils de nylon, laine.

Une première chaîne en fil de pêche couleur a été montée sur le cadre. Ses attaches sont espacées de manière inégale afin de créer des jeux de lumière sur le tissage minéral. Ces roches ont été tissées sur une autre chaîne, montée sur un métier de basse-lisse. Alisa Larsen a appris à réaliser un carton et un chapelet correspondant, sous les conseils de Valérie Vivier. Elle y a délimité les zones en double et simple chaîne. Par ces nuances de texture elle voulait apporter du relief aux roches tissées. Au cours du tissage sur l’envers, elle a appris à lire le carton sous les fils de chaîne, à utiliser autant sa main droite que sa main gauche, à sentir les formes et trouver techniquement les passages entre elles, avec l’aide de Christian Blanchon. Un fil de nylon a été piqué dans les fils de chaîne, en suivant le contour de formes, pour que le tissage soit maintenu lors de son accrochage au cadre métallique.

Strates of ground

Artiste - Adela Goranova, artiste lissière diplômée de la National Academy of Art de Sofia - Bulgarie
Tissage - Tissage sur métier de basse-lisse par Adela Goranova.
Matières - laine bouclette, rustique et chinée, du lin.

Adela Goranova a tissé sur l’endroit, sur un métier de basse-lisse sans pédales. Elle a choisi ses matières au “feeling” selon elle, en ne s’aidant ni d’un carton ni d’un chapelet, visualisant son tissage au fur et à mesure, en dessinant quelques formes sur ses fils de chaîne. Cette artiste-lissière a exploré différentes techniques de tressages, de noeuds, de tissage de finesse variée afin de créer des jeux de textures, d’épaisseurs, de régularités. Lors de l’accrochage du tissage sur le cadre métallique, un fil de chaîne sur deux a été coupé sur la partie haute du textile en le laissant retomber sur un côté. Son travail peut ainsi autant se voir sur l’endroit que sur l’envers.

La jungle 

Artiste -  Julie Ruelle,  lissière diplômée du Greta à la Cité de la Tapisserie, dirigeant Willyarn - France
Tissage -  Tissage sur cadre de Julie Ruelle
Matières - Laine des Pays-Bas, fils de sari, fil plastique, du coton, du coton en ruban détricoté, des fils de pêche. 

Julie Ruelle a tissé directement sur le cadre s’imaginant une jungle se déployant progressivement. Pour éviter une torsion du cadre elle a joué sur le montage de sa chaîne et sur un tissage pas trop serré. Elle a réalisé ses propres teintures maison avec une cuisson au micro-onde, sans métaux lourds.

Roots

Artiste - Zoé Atkinson, textile designer à Fiona Colquhoun Design à Londres - Angleterre
Tissage - Tissage sur cadre de Zoé Atkinson.
Matières - coton gazé et mercerisé, lin, laine chinée, fil de nylon.

 

L’air

Le montage d’une chaîne identique a été choisie pour les 5 cadres, avec 71 fils pour les 71 composants de l’air, l’argon, le diazote, le dioxygène, le dioxyde de carbone et d’autres gaz.

L’ondulation musicale d’une partition

Artiste - Benjamin Hymers, lissier au Studio Dovecot à Edimbourg - Ecosse.
Tissage - Tissage sur cadre de Benjamin Hymers.
Matières - Fil de coton et lin
Outils - Une broche (utilisée à la fois pour tisser et tasser dans la tapisserie de haute-lisse)

C’est au son du Heavy Metal qu’il a tissé, donné de l’énergie et du mouvement à son tissage.

L’hirondelle

Artiste - Josep Safont étudiant à l’Escola Massana, Centre de Arte y Desiño à Barcelone - Espagne.
Tissage - Tissage sur cadre et sur métier de basse-lisse, tissage collaboratif entre Josep Safont et  Séréta Thaï, apprentie lissière de la Formation du Greta à la Cité internationale de la tapisserie - France.
Matières - fil de nylon, lin, laine, fil de pêche.

L’hirondelle a été tissée en basse-lisse sur l’envers dans un tissage assez fin. Pour que son tissage soit maintenu des fils de nylon ont été piqués dans les fils de chaîne en suivant la forme de l’oiseau. Josep Safont a appris à réaliser un carton et un chapelet sous les conseils de Séréta afin de trouver le "bon rapport entre les couleurs". Après être tombée de métier et avant d’être assemblée au cadre métallique par des fils de nylon, les fils de chaîne et de trame ont été coupés et rentrés dans son tissage. La chaîne du cadre a été recouverte à quelques endroits par un tissage serré en fils de pêche formant les nuages.

La fumée

Artiste - Marine Col, étudiante en tapisserie d’ameublement à l’Ecole Boulle à Paris - France
Tissage - Tissage sur cadre et collaboratif entre Marine Col, Séréta Thaï et d’Alexia Virig, apprenties lissières de la formation du Greta à la Cité internationale de la tapisserie - France
Matières -  coton satiné, ruban serpentine, lin, laine rustique, fil de nylon.
Outils - aiguille et matériel de tricot.

Elles ont joué sur des différences de textures et sur des tissages souples, de noeuds presque posés sur les fils de chaîne, où  un fil de nylon y a été piqué. Il suit l’ondulation de la fumée, se trouvant en dessous ou au dessus des courbes pour maintenir ce tissage souple et aérien.    

Nuage

Artiste - Anna Elizabete Kasparsone, designer de mode à Londres
Tissage -  Tissage sur cadre Anna Elizabete Kasparsone.
Matières - lin, fil synthétique, coton, laine mèche peignée, laine câblée, laine de mérinos.

Elle a tissé sur l’endroit du cadre en s’aidant de son carton y étant accroché. Sur ce dernier elle a délimité les zones contrastées et y a scotché quelques échantillons de matières, comme lors de ses réalisations de "books" de mode.

Décors aériens

Artiste - Aleksandra Żeromska, illustratrice designer polonaise ayant étudié à l’école cantonale d’Art de Lausanne - Suisse.
Tissage - Tissage collaboratif d’Aleksandra Zeromnska et d’Elisabeth Le Roc'h Morgère, apprentie lissière à la Cité internationale de la tapisserie.
Matières - fil acrylique, rubans, coton tricotin, fil de nylon.

Le choix des couleurs et des matières a été laissé libre à Aleksandra Żeromska. Celle-ci a réalisé un dessin tout en couleur. Elle a scanné et imprimé ce dessin pour l’accrocher comme carton sur le cadre. Le tissage s’est fait à l’envers. Les finitions ont ensuite été faites à l’aiguille et le pourtour des formes fixées par du nylon.

 

Le feu

Un échantillon de matière commun a été décidé pour l’ensemble des 5 cadres. De même, les zones de tissage ont été réfléchies dans l’optique d’une superposition des cadres, pour créer un motif global.

Artistes -

Marina Villarde Lopez, étudiante à l’école Massana Centre de Arte y Diseño de Barcelone - Espagne.
Baiba Marta, artiste textile - Lituanie.
Vladimíra Maťašeová,  artiste designer dirige la marque V.M et réalise des recherches sur la production de lin - Roumanie. 
Mariya Ganeva, artiste lissière bulgare à la China Academy of Art à Hangzhou - Chine.
Clémence Tonnoir, apprentie lissière de la formation du Greta  à la Cité internationale de la tapisserie - France.
Annika M. S. Bohn étudiante à la Royal Danish Academy of Fine Arts in Schools of Architecture, Design and Conservation à Copenhague - Danemark.

Tissages - Tissages sur cadre par ces mêmes artistes et lissière.
Matières -   fil d’acrylique,  fil synthétique,  laine bouclette, laine rustique et antique

Les 6 membres du groupe ont tout d’abord sélectionné un motif global parmi des peintures où chacune avait apposé sa couleur, puis sélectionné les zones de tissages pour les 5 cadres. Ensuite elles ont expérimenté différents types d’accrochage de chaîne ( en diagonale, en largeur et en longueur) afin de ne pas trop forcer sur le cadre lors du tissage. Vladimíra Maťašeová, Baiba Marta et Annika M. S. Bohn sont intervenues sur plusieurs cadres, tandis que Mariya Ganeva et Marina Villarde Lopez ont travaillé seules sur leur cadre respectif. Clémence Tonnoir donnait quant à elle des conseils techniques de tissage.

 

L’eau dans ses différents états

Le choix des différents états de l’eau et des sensations qu’ils évoquent en terme de mouvement, de couleurs et de motifs a été communément discuté lors d’un “ brainstorming”. Il a été aussi décidé des surfaces des cadre qui seront tissés et laissées “vides” afin de créer un ensemble cohérent lors de la superposition des cadres. C’est la pollution qui engloberait le tout.  Elles ont cependant pris de la distance avec cette idée initiale lors de l’installation. 

La glace

Artiste -  Maria Massa Domingo, étudiante en Art textile à l’Escola Massana, Centre de Arte y Diseño de Barcelone - Catalogne.
Tissage - Tissage sur cadre  Maria Massa Domingo.
Matières - Mélange de feutrine, coton, rubans, fils de nylon.

Dans son tissage notons qu’elle a choisi de rendre apparents à certains endroits les fils de chaîne.

L’Océan et ses profondeurs

Artiste - Elaine Wilson, lissière au studio Dovecot à Edimbourg - Ecosse.
Tissage - Tissage sur métier de basse-lisse par Elaine Wilson.
Matières - Laines chinées et rustiques, fil de nylon.
Outil - Broche ( utilisée à la fois pour tisser et tasser en tapisserie de haute-lisse).

Elaine Wilson a tissé ses différentes formes à l’endroit sur un métier basse-lisse sans pédales. Elle a préféré l’utilisation d’une broche à celle du peigne et du grattoir. Ces deux outils demandent une autre dextérité, de tisser autant par la main droite que par la main gauche, exigence aubussonnaise. Cette lissière a dessiné directement ses formes sur les fils de chaîne, se référait à sa peinture posée sur le métier à tisser pour choisir ses couleurs. En tissant sur l’endroit elle testait et jaugeait leurs effets.  C’est une manière de procéder différente de la tradition aubussonnaise (où l'on tisse sur l’envers de la tapisserie). Pour créer des nuances de textures, elle a tissé sur double et simple chaîne et des épaisseurs de laine variées. Elle a ensuite réalisé ses finitions au fil de nylon et rattaché ce tissage au cadre métallique.

Le mouvement

Artiste - Ania Szalak, étudiante en art textile à l’Académie des Beaux-Arts de Łódź - Pologne.
Tissage - Tissage sur cadre d’Ania Szalak.
Matières - Laines rustiques, rubans, fils synthétique, laine inégale, mélange de laine et soie.

La sècheresse

Artiste - Marion Subert  lissière diplômée du Greta à la Cité de la tapisserie et membre de l’atelier des Just’lissière à Aubusson - France.
Tissage - Tissage sur métier de basse-lisse de Marion Subert et finitions par Catherine Gaulmier, apprentie lissière à la formation du Greta de la Cité internationale de la tapisserie - France.
Matières - Laine rustique et laines fines, fil de nylon, coton.

Marion Subert a d’abord tissé en basse-lisse en utilisant de la laine rustique de différentes teintes et des techniques de battages. Catherine Gaulmier a ensuite rentré 3 fils de chaîne sur 4 dans le tissage lors de l’accrochage sur le cadre, à l’aide d’une aiguille.

La pollution envahissante

Artiste - Bella Jaffrenou Roubaud céramiste étudiante à l’école Camondo à Paris - France
Tissage - Tissage sur cadre de Bella Jaffrenou Roubaud avec les interventions d’Alexia et de Marion Subert.
Matières - mélange de laines chinées, rustiques,  fils plastiques.

 

Textes d'après Mathilde Riu.

 

La médiathèque

Rivendell, 5e tapisserie de la Tenture Tolkien

IMPRIMER
PARTAGER
La médiathèque

"Le retour de la tapisserie", The Talks, Maison & Objet, septembre 2019

IMPRIMER
PARTAGER

Summer School Michelangelo Foundation - Images sheet ENGL

02.09.2019
IMPRIMER
PARTAGER

Summer School Michelangelo Foundation - press release ENGL

02.09.2019
IMPRIMER
PARTAGER

Summer School Fondation Michelangelo - visuels disponibles pour la presse FR

02.09.2019
IMPRIMER
PARTAGER

Summer School Fondation Michelangelo - dossier de presse FR

02.09.2019
IMPRIMER
PARTAGER
Œuvres tissées

Rivendell

IMPRIMER
PARTAGER

D’après une aquarelle originale de J.R.R Tolkien pour The Hobbit, 1937, tapisserie 3,2m x 3,2 m, tissage Atelier Françoise Vernaudon, Aubusson, 2019. Collection Cité internationale de la tapisserie. © The Tolkien Estate Ltd 1937.

La belle vallée de Rivendell est tombée du métier le vendredi 17 mai 2019 à la Cité internationale de la tapisserie. Cette cinquième pièce de la Tenture Tolkien, tissée par l’atelier Françoise Vernaudon, a été saluée par Baillie Tolkien et par l’Ambassadeur du Royaume-Uni Lord Llewellyn, venu spécialement à Aubusson pour dévoiler l'œuvre qui témoigne de la force des liens franco-britanniques.

"Yes I’m ready", signalait Lord Llewelyn, prêt à faire tomber de métier la tapisserie Rivendell après avoir reçu les précieux conseils de la lissière Françoise Vernaudon. Les premiers fils de chaîne furent coupés par l’Ambassadeur suivi de Baillie Tolkien, rompue à l'exercice puisque c'était pour elle sa quatrième participation à une tombée de métier. Une première, en revanche, pour Lord Llewelyn, pour qui "le moment où l’on a révélé cette si belle tapisserie était un moment très spécial". L'Ambassadeur a rendu hommage aux trois lissières, Françoise Vernaudon, Nathalie Mouveroux et Anne Boissau, qui ont donné vie au paysage de Rivendell mois après mois. Il a souligné l'aspect symbolique de l'événement pour la France et le Royaume-Uni : "Une autre raison pour laquelle je suis ravi d’être ici, c’est […] de fêter les liens entre nos deux pays, […] ces liens franco-britanniques."

 

Regarder la tombée de métier en vidéo :

 

L’œuvre

L’aquarelle originale

Le Hobbit a été rédigé entre la fin des années 1920 et le début des années 1930 pour amuser les jeunes enfants de Tolkien. Il raconte l’histoire de Bilbo Baggins (version originale, dit Bilbon Sacquet dans la première traduction française et Bilbo Bessac dans la nouvelle), embarqué malgré lui par le magicien Gandalf et une compagnie de treize nains dans leur voyage vers la Montagne Solitaire, pour récupérer leur trésor gardé par le dragon Smaug. Le livre est paru au Royaume-Uni en 1937.

Le Hobbit (Extrait - Chapitre 3 « Une brève halte »)

Puis ils parvinrent au bord d’une dépression abrupte - si soudainement que la monture de Gandalf faillit glisser en bas.

"Nous y voilà enfin !", annonça-t-il, et les autres s’assemblèrent autour de lui pour contempler la vue. Loin en bas s’étendait une vallée. Ils pouvaient entendre la voix d’un torrent qui coulait, tout au fond, dans son lit de pierres ; le parfum des arbres flottait dans l’air, et il y avait une lueur sur le versant opposé, de l’autre côté d’un cours d’eau.

Bilbo n’oublia jamais comment, ce soir-là au crépuscule, ils dégringolèrent le chemin sinueux et escarpé qui menait dans la vallée secrète de Fendeval. L’air se réchauffait à mesure qu’ils descendaient, et l’odeur de pin lui donnait sommeil, si bien que, de temps à autre, il s’endormait et manquait de tomber, ou se cognait le nez sur l’encolure du poney. Plus ils s’enfonçaient dans la vallée, plus ils reprenaient courage. Les pins cédèrent le pas aux hêtres et aux chênes. Il y avait dans le soir une atmosphère réconfortante. Les dernières touches de vert avaient presque disparu dans l’herbe lorsqu’ils arrivèrent enfin à une clairière non loin au-dessus des rives du cours d’eau.

 

Tracé du carton de Rivendell à l'échelle de la future tapisserie en préparation du tissage.

Le tissage, effectué sur l'envers pour la tapisserie de basse-lisse, a demandé près de 4 mois de travail aux trois lissières de l'Atelier Françoise Vernaudon. Toutes avouent s'être prises au jeu et s'être pleinement approprié les préconisations du comité de tissage, à savoir l'usage des techniques de la tapisserie telles qu'elles étaient enseignées dans les années 1930, avec l'emploi de couleurs pures et une écriture technique très marquée. 

Caché au cœur des Monts Brumeux, le paysage de Rivendell invite à une promenade où nous pouvons presque entendre le bruit de la cascade et sentir une odeur de pins. Un endroit paisible et apaisant qui offre à ce paysage haut en couleurs, une pleine immersion dans cet univers fantastique et elfique.

Si J.R.R Tolkien n’a pas puisé sa source d’inspiration dans les paysages creusois pour dessiner Rivendell, Valérie Simonet, Présidente du Conseil départemental de la Creuse, a discerné "entre la Creuse et la Terre du Milieu, […] quelques troublantes similitudes de paysage, entre Monts et Vallées". Malgré la ressemblance avec la Creuse, c’est bien en Suisse, dans la vallée de Lauterbrunnen, à proximité d’Interlaken, que Tolkien s’est inspiré des reliefs alpins. C'est en effet après son voyage en Suisse en 1911 qu'il commence à peindre la vallée des Elfes. 

Toujours séduite par les interprétations tissées des illustrations qu'elles a tant côtoyées, Baillie Tolkien reste convaincue que son beau-père JRR Tolkien aurait été heureux de la collaboration avec les artisans d'art de la tapisserie d'Aubusson : "il y a une fraternité d'esprit entre mon beau-père et les gens qui font ces tapisseries [...], il y avait des lissiers dans le Middle Earth, certainement !"

Les actus de la cité

10 projets sélectionnés pour l'appel à création 2019

25.06.2019
IMPRIMER
PARTAGER

Qui succèdera à Nicolas Buffe, Cécile Le Talec, Bina Baitel, Goliath Dyèvre & Quentin Vaulot, Pascal Haudressy, Christine Phung et Eva Nielsen ? Avec "L'œuvre ouverte : la tapisserie en extension", la thématique de l'appel à création de cette année 2019 invitait les artistes candidats à imaginer la tapisserie comme pièce centrale d’un dispositif artistique et décoratif contemporain. 10 propositions viennent d'être sélectionnées pour la deuxième phase de l'appel projets. 

Les projets attendus devaient prévoir une tapisserie et un certain nombre d’extensions sous la forme d’objets ou formes faisant appel à d’autres techniques (céramique, cuir, métal, émail, bois, panneau de papier peint ou imprimé, etc.), pour générer autour de la tapisserie un espace immersif, modulable, adaptable aux lieux de vie comme aux espaces d'exposition, et fonctionnant par le jeu de correspondances créé entre les différents éléments. Le jury de sélection s'est réuni lundi 24 juin 2019 et a retenu, parmi les 108 dossiers reçus, 10 projets autorisés à poursuivre leurs recherches et proposer des maquettes numériques abouties pour le 26 septembre prochain :

- Raphaël Barontini (Beaux-Arts de Paris), représenté en France par la galerie Alain Gutharc et à Istanbul par The Pill, a soumis un projet dans l'esthétique d'un collage qui combine la tapisserie à d'autres pratiques textiles (textiles numériques, éléments sérigraphiés) pour créer une pièce en volume, immersive et modulable.

- Julie Bena, représentée par la galerie Joseph Tang à Paris, pour "Dans l'espace 'exquisite' de la nuit, le printemps est roi", projet performance associant une tapisserie, 6 verres et une carafe, un costume et une chaise.

- Tommy Bougé et Romane Boussard, tous deux jeunes diplômés de l'École nationale supérieure des Arts Décoratifs, pour leur série de modules, fenêtres mobiles et tapissées.

- Thomas Defour et Antoine Grulier, respectivement diplômés de l'École nationale supérieure des arts visuels de La Cambre à Bruxelles et de l'École supérieure d'art & de design Marseille-Méditerranée puis de l'École Duperré à Paris pour leur projet "Les Chutes d'Aubusson" : une tapisserie en mouvement, qui par un jeu de découpes deviendra tour à tour tapis, abat-jour, dessus de table, toile de transat, etc.

- Hippolyte Hentgen : l'univers du duo constitué par Lina Hentgen et Gaëlle Hippolyte, représentées par la galerie Semiose à Paris, a retenu l'attention du jury, pour son projet "Quack Quack", associant à la tapisserie un ensemble de vases et différents éléments de mobiliers et accessoires.

- Jenna Kaës et Clément Vuillier (diplômés de l'ESAD de Strasbourg et de l'École cantonnale d'art de Lausanne), pour leur association d'une tapisserie avec cinq éléments mobiliers issus de la technique très particulière de la pétrification calcaire.

- Hugo L'ahelec, diplômé de l'École Boulle puis de l'ENSCI-Les Ateliers avec "Comedia", proposant une tapisserie asociée à des formes en inox poli-miroir et deux séries d'objets, l'une en cuir et l'autre en porcelaine.

- Anne-Laure Sacriste, formée aux Beaux-Arts de Paris et à l'École Duperré et représentée par la Galerie Vera Munro à Hambourg, a proposé "Paradis", un espace contemplatif et modulable associant la tapisserie avec des plaques de cuivre.

- Elsa Sahal, diplômée des Beaux-Arts de Paris et de l'ENSCI et représentée par la galerie Claudine Papillon à Paris et par The Pill à Istanbul, propose dans la lignée de son travail de la terre, de confronter l'échelle monumentale de la tapisserie à celle, plus humble, de la céramique.

- Mathieu Schmitt, diplômé des Beaux-Arts de Paris, et Belem Julien, issue du monde de l'édition et de la traduction : le duo qui travaille ensemble depuis de nombreuses années a été sélectionné pour son jeu de correspondances entre la tapisserie, une frise murale en papier imprimé et un paravent en tissu imprimé, déclinés en deux versions jour/nuit et dont les éléments peuvent être combiné à loisir dans un même lieu de vie.

Les candidats sélectionnés ont jusqu'au 15 octobre à 17h pour proposer les maquettes finales de leurs dispositifs.

Le premier prix, doté de 15 000 €, et le deuxième prix (10 000 €) seront réalisés, en comprenant les "extensions", ainsi que les tapisseries qui devront être tissées selon les techniques de la tapisserie d’Aubusson telles que les a reconnues l’Unesco en les inscrivant au Patrimoine culturel immatériel de l'humanité. Un appel d’offres sera lancé auprès des ateliers de lissiers de la région d’Aubusson-Felletin qui soumettront des échantillons de tissage. Les maquettes des troisième à cinquième prix (5 000 €) seront conservées par la Cité en vue de la promotion de ce type de dispositif auprès des professionnels, voire d’une réalisation ultérieure. Les cinq projets non retenus seront indemnisés (1000 €).