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L'Officiel Art

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L'Officiel Art est partenaire de la saison 2019 de la Cité de la tapisserie.

Les artistes de la tapisserie

Jacques Lagrange (1917-1995)

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Personnage haut en couleurs, Jacques Lagrange occupe une place particulière dans l’histoire de la tapisserie du XXe siècle à Aubusson. Parmi les peintres de cette époque, c’est sans doute celui qui a noué le plus de liens durables avec la Creuse, où le souvenir de son abord chaleureux et enthousiaste reste.

Né à Paris en 1917, dans une famille d’architectes et d’artistes, Jacques Lagrange entre en 1933 à l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs, puis à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts.

En 1937 il collabore avec Dufy à la décoration du Pavillon de l’Électricité de l’Exposition Internationale. En 1938 il intègre le groupe de la Nouvelle École de Paris.

L’intérêt qu’il porte à la tapisserie alors en pleine renaissance conduit Lagrange en 1945 à Aubusson, où il est accueilli par Élie Maingonnat, directeur de l’École Nationale des Arts Décoratifs : « Voilà des couleurs, voilà du papier, vous êtes ici chez vous » lui dit-il. Il peint le carton de Banlieue, sa première tapisserie, tissée par l’atelier Goubely. À sa tombée de métier, la tapisserie est découverte par Jean Lurçat, qui l’encourage dans cette voie. 

Il participe à la fondation de l’Association des Peintres-Cartonniers de Tapisserie aux côtés de Jean Lurçat et de la galerie La Demeure, partageant leurs projets et leurs expositions.

En 1961 il fonde avec Pierre Baudouin « l’Atelier de Bercy », qui édite des petits formats dits « tapisseries précieuses », à partir de cartons de Picasso, Braque, Arp, Max Ernst, Calder et Lagrange.

Il collabore étroitement avec les lissiers, il aime l’atmosphère de travail et de création d’Aubusson. Il découvre la campagne creusoise où il aime de plus en plus séjourner.

Petit à petit, des nombreuses tapisseries que Lagrange réalise à Aubusson, dont la série des Tournois et celle des Acrobates, se dégage un univers coloré, animé de tons francs et de formes pures, où l’humour et le goût de la fantaisie de leur auteur transparaissent. Lagrange dira qu’elles « sont des spectacles dont il assure la mise en scène et la mise en laine ».

En 2019, la Cité de la tapisserie présente dans la Nef des Tentures une œuvre flamboyante de Jacques Lagrange, Combat anachronique (1980, tissage manufacture Braquenié, dépôt du Mobilier national à la Cité de la tapisserie).

D'après Catherine Giraud, Centre de documentation de la Cité de la tapisserie.

Past exhibition

Le Mur et l'Espace

Du 28 June 2019 au 06 October 2019
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Magdalena Abakanowicz, Abakan rouge, 1969, 4 x 4 x 4 m. Collection Tate, Londres. © Foundation Magdalena Marta Abakanowicz Kosmowska and Jan Kosmowski. Photo : Stamm & Saxod, Lausanne.

Séismes dans la tapisserie aux Biennales internationales de Lausanne 1962-1969, du 28 juin au 6 octobre 2019.

La Cité internationale de la tapisserie à Aubusson s'associe avec la Fondation Toms Pauli de Lausanne pour proposer une exposition internationale consacrée aux débuts des Biennales de Lausanne dans les années 1960, et le "séisme" qu'elles provoquent dans l'art de la tapisserie et son histoire mondiale. L'exposition se tient dans les salles du centre Jean-Lurçat à Aubusson, un espace conçu pour la tapisserie monumentale.

Un sismographe devenu séisme

L’exposition rend compte des métamorphoses rapides qui eurent lieu en l’espace de sept ans, de 1962 à 1969, dans le paysage de la tapisserie au niveau mondial.  Les concepts, règles, usages et techniques en vigueur depuis la deuxième Guerre mondiale furent radicalement remis en cause par les premières Biennales de la tapisserie de Lausanne. Conçues par Pierre Pauli, son épouse Alice et Jean Lurçat, alors à l’apogée de sa renommée, ces manifestations internationales avaient pour but de présenter l’actualité de la tapisserie murale. Très rapidement, cependant, ces biennales devinrent l’épicentre d’un séisme apparemment destructeur de la tapisserie dite "traditionnelle" et le creuset d’une nouvelle approche plus libre et s’ouvrant vers le tridimensionnel.

Les créatrices changent la donne

La remise en cause arriva par de jeunes créateurs et créatrices, notamment de Suisse et d’Europe centrale et de l’est, qui dès la première édition en 1962 allaient apporter un changement fondamental en questionnant le principe du duo artiste/artisan (le créateur du projet face au détenteur du savoir-faire). Alors que la tapisserie de lisse était jusque-là principalement portée par des artistes masculins, ce changement de paradigme ouvrit la porte à de jeunes plasticiennes cumulant les deux rôles. Les artistes femmes devinrent majoritaires dès 1967 aux Biennales de Lausanne et le restèrent, jusqu’à aujourd’hui encore, dans le mouvement du Fiber Art.

La libération du mur

En ouvrant la porte aux tissages et aux broderies, la deuxième Biennale de 1965 fit voler en éclats le monopole technique traditionnel et entraîna la "querelle de Lausanne" entre les français et l’organisation suisse. Alors que la tapisserie murale se tournait vers la recherche de textures, des artistes de plus en plus nombreux explorèrent les possibilités tridimensionnelles qu’offrait le medium. La Biennale de 1967 apporta les prémices de l’émancipation du support mural, notamment par la colonne de la Suisse Elsi Giauque, première œuvre textile suspendue dans le vide. L’édition de 1969 entérina ces bouleversements avec de nombreuses pièces qui s’affranchissaient du mur pour devenir sculptures textiles. Montrée la même année à Paris dans les locaux de la manufacture des Gobelins, cette exposition familiarisait ainsi le public français à ces nouvelles expressions textiles. À partir de 1970, les différents courants purent cohabiter et explorer leurs voies propres à leur façon, se croiser, mais rarement s’hybrider.

Les œuvres réunies pour l'exposition

Fruit d'un travail de recherche à l’international, environ 35 tapisseries seront réunies, les exemplaires mêmes qui avaient été accrochés aux cimaises lausannoises à l’époque.

Le choix des œuvres illustre la production murale française classique à travers Lurçat et ses amis peintres-cartonniers (Prassinos, Tourlière), ainsi que certains grands peintres tissés par les manufactures nationales ou les ateliers d’Aubusson (Picasso, Delaunay, Estève). D’autres tapisseries de lisse montrent la diversité de la production européenne et américaine (Somville, Rousseau-Vermette, Yoors, Adams, Scholten).

En regard, figurent les artistes polonais qui ont marqué les esprits (Abakanowicz, Owidzka, Sadley) ainsi que les premières créations tridimensionnelles (Giauque, Jobin, Abakanowicz, Daquin, Lindgren).

Elsie Giauque, Élément virtuel spatial, 1969. Collection MUDAC Lausanne.

De la tapisserie au Fiber Art

Publié fin 2017 et rédigé par Giselle Eberhard Cotton et Magali Junet par la Fondation Toms Pauli, l'ouvrage couvrant l'ensemble des Biennales de Lausanne, De la tapisserie au Fiber Art. Les Biennales de Lausanne 1962-1995,  sera mis à disposition.

Commissariat de l'exposition

Bruno Ythier, conservateur, Cité de la tapisserie, Aubusson, et Giselle Eberhard Cotton, directrice, Fondation Toms Pauli, Lausanne.

Lancement de l'appel à création 2019 - communiqué

01.03.2019
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Banque Populaire Aquitaine Centre Atlantique

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La Banque Poulaire Aquitaine Centre Atlantique soutient la Cité de la tapisserie à travers l'acquisition et la mise à disposition d'une borne de dons sans contact "HEOH".

Christopher Tolkien and the "Aubusson weaves Tolkien" project

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Œuvres tissées

Christmas 1926

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Christmas 1926 (Noël 1926)
D’après une aquarelle originale de J. R. R. Tolkien tirée de Letters from Father Christmas, 1926, tapisserie de 2,84 m x 2,20 m, tissage Atelier Guillot, Aubusson, 2018. Collection Cité internationale de la tapisserie. © The Tolkien Estate Ltd 1976.

C'est dans l'atmosphère chaleureuse des jours qui précèdent les fêtes de Noël qu'est tombée du métier, le vendredi 21 décembre 2018, Christmas 1926, la quatrième tapisserie du projet « Aubusson tisse Tolkien ». Au moment du dévoilement, le public réuni dans l’ambiance intimiste de l'amphithéâtre de la Cité de la tapisserie s'est laissé envoûter dans la féerie de Noël, découvrant une poésie et une espièglerie peu connues dans l’œuvre de J.R.R. Tolkien.

Moment de partage et révélation festive par excellence, la tombée de métier de Christmas 1926 aux côtés des lissiers de l'Atelier Guillot, a été l’occasion pour un public jeune et familial de se retrouver autour de cette œuvre qui parle aux petits comme aux plus grands. Cadeau avant l’heure, enfants et adolescents ont pu prendre part à la cérémonie et couper quelques fils de chaîne pour libérer la tapisserie de son métier. Rien que de plus normal pour une œuvre que Tolkien avait, à l’origine, créé pour ses enfants !

 

Retrouvez la tombée de métier en vidéo :

L'œuvre

L'aquarelle originale

En 1920, John Tolkien, fils aîné de l’auteur, alors âgé de 3 ans, reçoit une lettre apparemment expédiée du Pôle Nord par le Père Noël en personne. Cette lettre lance une tradition familiale qui perdure jusqu’en 1943, soit jusqu’aux 14 ans de Priscilla, la cadette des quatre enfants Tolkien. Le Père Noël raconte aux enfants Tolkien son quotidien et souvent les mésaventures de son premier assistant, l’ours polaire Karhu. Au fil des années, les lettres deviennent de plus en plus longues, et sont accompagnées d’une ou plusieurs illustrations. Sur les enveloppes, J. R. R. Tolkien dessinait un timbre représentant le Pôle Nord : c’est littéralement un pôle, bien que découpé par une stalagmite géante, adossé à une aurore boréale. Cette représentation du Pôle Nord est l’élément de base dans la lettre et l’illustration de 1926.

Lettres et dessins furent publiés pour la première fois en 1976 par Baillie et Christopher Tolkien chez George Allen & Unwin.

Letters from Father Christmas (Extrait – Christmas 1926)

« La manette déclenchant les feux d’artifice de l’Aurore Boréale se trouvait toujours dans la cave de mon ancienne maison. L’Ours du Pôle Nord savait qu’il ne devait jamais, au grand jamais y toucher : je ne l’y autorisais qu’en certaines occasions comme la Noël. Il pensait qu’elle était bloquée depuis que nous avions déménagé ; quoi qu’il en soit, tout de suite après le petit déjeuner, il a tourné autour des ruines (il cache des choses à manger), et il a déclenché toutes les Lumières Septentrionales de deux années en une seule fois. Vous n’avez jamais entendu ni vu quelque chose de semblable. J’ai essayé d’en faire un dessin, mais je tremble trop pour le faire comme il faut, et comment peut-on d’ailleurs peindre la lumière fusante ? »

Un tissage intimiste

 

© The Tolkien Estate Ltd. 1976 / Cité internationale de la tapisserie

Dans leur lettre, Tolkien et son Père Noël se demandent comment « peindre la lumière fusante », une question qui a sûrement fait sourire Delphine Mangeret, la cartonnière de la tapisserie, en se demandant à son tour comment la tisser, cette « lumière fusante » ! Elle nous précise, à l’occasion du dévoilement : « La difficulté était de retranscrire la lumière. C’était un jeu de confrontation, de contraste entre les clairs et les foncés. Et puis il y avait aussi tout un travail sur les formes en fait : comment retranscrire ces espèces de flammes de lumière qui viennent, qui semblent surgir du sol ? Donc là aussi le travail de la ligne était important. » Défi supplémentaire, il s’agissait de traduire ce contraste et ces couleurs avec les mêmes laines que celles utilisées pour toutes les autres œuvres de la tenture Tolkien. 

Les lissiers et lissières Patrick et Marie Guillot et Nathalie Mouveroux ont œuvré à la confection de cette nouvelle pièce, plus fine et moins monumentale que les autres. « Les trois pièces liées à Noël, c’était quelques chose de plus familial et de plus intime. On est sur un tissage beaucoup plus fin, qui sera dans cet esprit plus intimiste, […] donc une taille un peu moins monumentale pour être plus dans l’esprit familial de ces dessins-là », explique Bruno Ythier, conservateur de la Cité internationale de la tapisserie. Lors du tissage, cette intimité a été retranscrite par l’emploi de la technique des « rayures-bâton » plutôt que celle « battages », privilégiée pour les premières œuvres du projet.

Les œuvres de la tenture Tolkien représentent aussi un défi technique du point de vue du tissage : tisser comme si J. R. R. Tolkien en personne avait amené ses dessins aux ateliers d'Aubusson, c'est-à-dire en s'inspirant des réalisations des années 1930 au sein de l’École nationale d’Art décoratif d’Aubusson. Il s'agissait alors de mettre en œuvre un principe d’interprétation ancien que l’École avait remis en avant : l’usage de couleurs pures et une écriture technique très marquée, en prenant modèle sur la tapisserie des XVe et XVIe siècles, peu utilisée aujourd’hui. Un choix particulièrement pertinent puisqu’il fait écho à la manière dont Tolkien peignit ces lettres au Père Noël, comme l’explique sa belle-fille, Baillie Tolkien : « Je crois que mon beau-père avait travaillé directement de la palette de sa boîte de couleurs sans mélanger, c’est pour ça que les couleurs sont tellement pures ; pas très sophistiquées mais ce qui sortait de la boîte. »

 

Œuvres tissées

Glórund sets forth to seek Túrin

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Glórund sets forth to seek Túrin (Glórund part à la recherche de Tùrin)
D’après une aquarelle originale de J. R. R. Tolkien pour The Silmarillion, Book II, Settings of Middle Earth, 1927, tapisserie de 3,25 m x 3,50 m, tissage Atelier Guillot, Aubusson, 2018.
Collection Cité internationale de la tapisserie. © The Tolkien Trust 1977.

Le 05 octobre 2018, deux tapisseries du projet « Aubusson tisse Tolkien » étaient dévoilées de concert dans l’amphithéâtre de la Cité internationale de la tapisserie, affichant complet pour l’événement. Tissée par l’Atelier Guillot d’après une aquarelle de J. R. R. Tolkien pour The Silmarillion,  Glórund sets forth to seek Túrin est la troisième des 14 tapisseries et tapis de la Tenture Tolkien à rejoindre les collections de la Cité internationale de la tapisserie.

Adam Tolkien, petit-fils de l’auteur britannique, était aux côtés de sa mère, Baillie Tolkien, lors de la tombée de métier, pour couper les fils de chaîne et libérer l’œuvre tissée. Découvrant pour la toute première fois les tapisseries adaptées de l’œuvre graphique de son grand-père, Adam Tolkien s'est dit « épaté par ce travail artisanal, ce doigté, ce savoir-faire », affaire de matière et de patience, mais aussi impressionné de voir les aquarelles originales rendues à cette échelle, qui « leur rend plus qu’hommage, […] les transfigure ». 

Retrouvez la tombée de métier en vidéo :

 

L'œuvre

L'aquarelle originale

Le Silmarillion est une œuvre publiée à titre posthume en 1977 par le fils de J.R.R. Tolkien, Christopher. Commencée dans les années 1910, l’auteur y travaillera jusqu’à sa mort en 1973. Le Silmarillion retrace la genèse et les Premiers Âges de la Terre du Milieu. Dans le Livre des Contes Perdus, Tolkien commence vers 1919 l’histoire de Tùrin – un homme du Premier Âge – et celle du dragon Glórund – plus tard Glaurung. Le dragon y est décrit comme un « grand ver » portant des écailles de bronze poli : son souffle est un mélange de feu et de fumée qui détruit les habitations des Elfes (les Rodothlim) situées dans les cavernes surplombant le fleuve. Volant leurs richesses, le dragon constitue un magot et fait de leurs maisons sa tanière. Glórund part à la recherche de Tùrin, bien qu’exécuté un peu plus tard, en 1927, illustre la scène que Tolkien a imaginé pour les Contes Perdus, avec une entrée unique semblable à une caverne. Avec Les Enfants de Hùrin (1920-1925), les cavernes de Rodothlim seront remplacées par la forteresse elfique de Nargothrond.

Le Silmarillion (Extrait - Quenta Silmarillion, chapitre 21 « Tùrin Turambar »)

« Trois jours de voyage les menèrent à Amon Ethir, le Mont des Espions, que Felagund avait fait édifier jadis à grand-peine, une lieue avant les portes de Nargothrond. Mablung fit garder Morwen et sa fille par un cercle de guerriers, leur interdit d’aller plus loin, et comme il ne voyait aucun ennemi du haut de la colline, il descendit vers le Narog avec ses éclaireurs, aussi prudemment qu’il le put. Glaurung avait pourtant senti leur présence, il sortit comme une flamme enragée et se jeta dans le fleuve d’où s’éleva un nuage de vapeur nauséabonde. Mablung et sa troupe, aveuglés, se perdirent, et Glaurung traversa le Narog. »

Un tissage formateur

© The Tolkien Trust / Cité internationale de la tapisserie

Après les ateliers A2, Françoise Vernaudon et Pinton, c’est l’Atelier Guillot qui était en charge du tissage de cette troisième tapisserie de la tenture Tolkien. Les trois mois nécessaires à sa confection ont été l’occasion pour Nathalie Mouveroux, lissière tout juste diplômée du Brevet des métiers d’art "Art de la lisse" dispensé à la Cité, de bénéficier pour son premier tissage de l’expérience de Patrick et Marie Guillot.

Après les verts et les bleus profonds de Bilbo comes to the Huts of the Raft-elves et de Halls of Manwë – Taniquetil, c’est le jaune vif des écailles du dragon qui accroche le regard du spectateur. Les laines utilisées pour chacune des tapisseries du projet sont pourtant rigoureusement identiques, teintes selon les couleurs définies par le comité de tissage et qui sont communes à l'ensemble des pièces de la tenture. À partir de laines fournies par la Filature Terrade à Felletin, le teinturier aubussonnais Thierry Roger réalise chaque nuance, par petites touches de pigments rouges, bleus et jaunes. L'étape du tracé du carton permet ensuite à la cartonnière de définir précisément quelle valeur est à employer dans chaque zone. Ce carton, préparé en concertation avec les lissiers, est ensuite glissé sous les fils de chaîne préalablement montés sur le métier à tisser, et c'est au tour des lissiers de jouer leur partition.

Œuvres tissées

Halls of Manwë – Taniquetil

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Halls of Manwë - Taniquetil (Palais de Manwë sur les Montagnes du monde - Taniquetil)
D’après une aquarelle originale de J. R. R. Tolkien pour The Silmarillion, Book II, Settings of Middle Earth, 1927-1928, tapisserie de 3,18 m x 2,48 m, tissage Ateliers Pinton, Felletin, 2018. Collection Cité internationale de la tapisserie. © The Tolkien Trust 1977.

Le 05 octobre 2018 était dévoilée à la Cité internationale de la tapisserie la deuxième pièce de la Tenture Tolkien. Tissée par les Ateliers Pinton d’après une aquarelle de J. R. R. Tolkien pour The Silmarillion,  Halls of Manwë – Taniquetil est la deuxième pièce du projet "Aubusson tisse Tolkien" à rejoindre les collections de la Cité de la tapisserie.

Baillie Tolkien, épouse de Christopher Tolkien (troisième fils de l'écrivain et son exécuteur littéraire), s'est rendue pour la deuxième fois à Aubusson afin de libérer la tapisserie de son métier à tisser. Se faisant porte-parole de son mari n’ayant pu faire le déplacement, elle a confié qu'il était « particulièrement touché par ce projet qui est consacré à l’art de son père, […] le premier, peut-être le seul, qui ait jamais été proposé uniquement dédié à son art graphique. »

Retrouvez la tombée de métier en vidéo :

L'œuvre

L'aquarelle originale

Le Silmarillion est une œuvre publiée à titre posthume en 1977 par le fils de J.R.R. Tolkien, Christopher. Commencée dans les années 1910, l’auteur y travaillera jusqu’à sa mort en 1973. Le Silmarillion retrace la genèse et les Premiers Âges de la Terre du Milieu. Taniquetil est la montagne la plus élevée de la mythologie de Tolkien. Au sommet, se dresse le palais de marbre bleu de Manwë, chef des Valar, et de son épouse Varda, Dame des Étoiles. Au pied de la montagne est bâtie l’une des villes des Elfes marins, les Teleri. Deux bateaux sont prêts à appareiller : comme décrit par Tolkien, leur proue sculptée est semblable au cou dressé d’un cygne dont ils ont la forme d’ensemble. Leurs avirons, leurs voiles carrées, sont ceux des Vikings. D’un côté de la montagne, la pente est baignée par la clarté du soleil, de l’autre, la lueur d’un croissant de lune crée une sensation de froidure.

Le Silmarillion (Extrait - Quenta Silmarillion, chapitre 1 « Au commencement des jours »)

« La demeure des Valar sur Almaren fut entièrement détruite et ils n’en avaient pas d’autre sur la surface de la Terre. Ils quittèrent donc les Terres du Milieu et se rendirent dans le Pays d’Aman, territoire de l’Extrême-Ouest situé au bord du monde. (...) Nul ne connaît, hormis les Valar, l’étendue de cette mer, qui conduit aux Murs de La Nuit. Sur la côte Est du Pays d’Aman venait finir Belegaer, la Grande Mer de l’Ouest, et comme Melkor était sur les Terres du Milieu et qu’ils ne pouvaient le renverser, les Valar fortifièrent leur demeure en élevant près de la côte les Pelori, les plus hautes montagnes du monde. La plus haute de ces montagnes, fut celle dont Manwë décida de faire son trône : le sommet sacré du Taniquetil, disent les Elfes, Oiolossë l’Eternelle Blancheur, disent les Eldou, ou Elerrina la Couronnée d’Etoiles – il a bien d’autres noms et plus tard les Sindar l’appelèrent Amon Uilos. De leur palais de Taniquetil, Manwë et Varda pouvaient voir toute la terre jusqu’au fond de l’Orient. »

Un tissage hors-les-murs

© The Tolkien Trust / Cité internationale de la tapisserie

Contrairement aux autres tapisseries de la Tenture Tolkien, tissées dans l’atelier de la Cité de la tapisserie, Halls of Manwë – Taniquetil a été réalisée par les Ateliers Pinton au sein de leur manufacture à Felletin. Quelques jours après le dévoilement de la première tapisserie du projet, Bilbo comes to the Huts of the Raft-elves, la mise en place du tissage de la deuxième a commencé avec le montage de la chaîne ainsi que la livraison des laines et du carton. Pour éviter les disparités et créer l’unité de la tenture Tolkien, la Cité de la tapisserie a en effet choisi de fournir aux ateliers chargés des tissages les laines teintes selon des couleurs, définies par le comité de tissage, communes aux différentes pièces.  Cinq mois de tissage ont ensuite été nécessaires à Olivier Baude, Christian Ceulemans, Christelle Chaises et Isabelle Gautier, lissiers et lissières, pour représenter cette imposante montagne de presque 8m².

 

Expo en cours

2019: un accrochage haut en couleurs

Du 01 February 2019 au 31 December 2019
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L'accrochage 2019 de la Nef des tentures présente plus d'une vingtaine de nouveautés pour retracer près de six siècles d'histoire de la tapisserie à Aubusson.

Une nouvelle verdure à feuilles de choux, prêtée par une famille creusoise, témoigne des productions du XVIe siècle, avec ses fantastiques licorne et dragon, sous l'œil d'une Didon transpercée, dans un tissage de grande qualité d'après Isaac Moillon (XVIIe siècle) prêté par le Mobilier national (don  récent de Yvan Maes de Wit). Un immense carton en grisaille, La Fontaine de l'Amour, d'après une gravure de François Boucher, vient illustrer le style en vogue au XVIIIe siècle. La section consacrée aux peintres cartonniers du XXe siècle met la couleur à l'honneur avec des œuvres de Robert Wogensky – qui fêtera ses 100 ans cette année –, Jacques Lagrange, ou encore Marc Saint-Saëns. Puis le visiteur découvre les tapisseries de grands peintres, avec cette année les lignes d'une Perséphone imaginée par Braque, non loin d'une pièce de Sonia Delaunay survitaminée.

L'espace des "Tapisseries du monde" ouvrira en mars 2019 avec de nouveaux prêts issus des collections de la Galerie Achdjian, du musée Bargoin de Clermont-Ferrand, du Musée des Jacobins à Auch, du musée du Quai-Branly, ainsi qu'une pièce chinoise exceptionnelle du Mobilier national. Une seconde rotation des œuvres interviendra en juillet 2019.

Et tout au long de l'année, découvrez dans le parcours, au fur et à mesure de leurs "tombées de métier", les nouvelles tapisseries de la Tenture Tolkien, suivez-en les tissages en cours, et laissez-vous surprendre par les créations du Fonds contemporain, dont les premières œuvres de la collection "Carré d'Aubusson" signées Raùl Illarramendi et Jean-Baptiste Bernadet.