Carré d'Aubusson

La collection "Carré d’Aubusson" a l’ambition d’initier et de produire une série d’œuvres contemporaines en tapisserie, à l’échelle de l’habitat et du décoratif, d’une surface carrée d'environ 3,3 m² (1,84 m x 1,84 m), en lien étroit avec des galeries.

Contrepoint aux appels à projets monumentaux que la Cité de la tapisserie réalise par ailleurs, chaque carré de tapisserie, par sa valeur patrimoniale et contemporaine, fera figure d’écran textile, de fenêtre picturale, de paysage tissé...

Dans cet ensemble particulier, la force décorative renoue avec l’usage traditionnel de la tapisserie, produit mobile et mobilier vertical, à échelle domestique : un format à la valeur immersive et, paradoxalement, à la mesure du quotidien.

La collection a pour objectif de mettre en œuvre des productions destinées à des accrochages de la sphère de l'intime. La sélection des artistes contemporains, dont la traduction du langage plastique interroge avec pertinence l’écriture du point de tapisserie, du textile dans son actualité et des qualités intrinsèques d’une image qui apparaît dans l’étoffe par le biais d'une transcription spécifique, viennent actualiser le médium.

Cette série d’œuvres se pense, dès la conception, au regard de la technique patrimoniale d’Aubusson et développe une vision prospective de la place de la tapisserie, interroge la qualité narrative, figurative, prise dans les enjeux actuels tels que le numérique, les questions de représentation, de dimensions et de définitions du visible.

Le premier artiste sollicité pour rejoindre le Fonds contemporain de la Cité de la tapisserie pour la collection "Carré d'Aubusson" est Raùl Illarramendi, dans le cadre d'une convention signée avec la galerie Karsten Greve (Paris).

Jean-Baptiste Bernadet signe le deuxième Carré d'Aubusson, grâce à un partenariat conclu avec la galerie Almine Rech.

La production de la collection "Carré d'Aubusson" est accompagnée par la Fondation Bettencourt Schueller dans le cadre de l'attribution du Prix Liliane Bettencourt pour l'intelligence de la main® - Parcours 2018.

Expo passée

Premières de cordée

Du 17 Juin 2018 au 23 Septembre 2018
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Une exposition inattendue !

Pour l’été 2018, la Cité de la tapisserie réinvestit les salles de l’ancien musée départemental de la tapisserie avec une exposition originale consacrée aux tapisseries brodées d’artistes entre 1880 et 1950. La présentation explore ainsi les origines de la Rénovation de la tapisserie au XXe siècle et met en avant les femmes restées dans l’ombre des artistes dont elles ont brodé les œuvres.

Bruno Ythier, conservateur de la Cité de la tapisserie, assure le co-commissariat de cette exposition aux côtés de Danièle Véron-Denise, conservatrice honoraire des textiles au musée du Château de Fontainebleau.

À la fin du XIXe siècle, les artistes d’avant-garde, séduits par l’esthétique de la tapisserie médiévale, cherchent à faire tisser leurs œuvres selon ces techniques. Mais celles-ci sont perdues et ces artistes n’ont ni la notoriété ni les moyens pour faire appel aux manufactures d’État ou aux ateliers privés. Ils se tournent alors vers des femmes de leur premier cercle (épouse, sœur, mère).

Considérées comme des « ouvrages de dames » ces œuvres ont été peu collectionnées par les musées français et se trouvent aujourd’hui surtout en Hollande, au Danemark, en Allemagne, ou dans des collections privées. Il s’agit donc de présenter une sélection de pièces textiles rares souvent plus vues en France depuis un siècle.

Aristide Maillol, Émile Bernard, Paul-Élie Ranson, Fernand Maillaud, Jean Arp, Paul Deltombe, Jean Lurçat, Henri de Waroquier, Roger Bissière, etc. Plusieurs des artistes exposés sont d’ailleurs des chevilles ouvrières de la Rénovation de la tapisserie, à travers le travail textile de femmes intimes.

POURQUOI CETTE EXPOSITION ?
Par Bruno Ythier, Conservateur de la Cité de la tapisserie

Cette présentation est totalement inédite, car c’est la première fois que sont rassemblées autant d’œuvres brodées d’artistes de la fin du XIXe au milieu du XXe siècle. Nombre des brodeuses, épouses ou mères de ces artistes, ont consciemment ou pas, préparé la Rénovation de la tapisserie au XXe siècle.

À la fin du XIXe siècle, la tapisserie de lisse ne répondait pas aux aspirations des avant-gardes artistiques qu’étaient le postimpressionnisme ou le mouvement Nabi. Depuis les années 1875, artistes et critiques voulaient rénover cet art décoratif et lui faire quitter l’influence des peintres au profit des architectes et des décorateurs. À cette époque, plusieurs expositions de tapisseries anciennes, médiévales et Renaissance, montraient leur simplicité formelle, leurs couleurs franches. Elles permettaient de mesurer des siècles d’évolutions techniques, vers toujours plus de finesse, de variété de coloris, de manière picturale.

Si les pouvoir publics souhaitaient donc réformer l’art de la tapisserie, ils ne pouvaient que peu intervenir dans la manière de tisser, car celle-ci était l’apanage des lissiers veillant jalousement sur leurs prérogatives. Ainsi toute une filière était organisée autour de la finesse (9 à 10 fils de chaîne par cm). L’intervention de l’administration des Beaux-Arts se portait principalement sur le choix des artistes et l’iconographie.

Les artistes de l’école de Pont-Aven, les Nabis, comme Émile Bernard, Aristide Maillol ou Paul-Élie Ranson étaient fascinés par la tapisserie médiévale. Ayant changé l’écriture de l’estampe et révolutionné l’art de graver, ils allaient faire de même avec la tapisserie. Bernard débuta dès les années 1880 ; Maillol prit le sujet à bras le corps et créa même ses propres teintures. Grâce au travail de leurs compagnes ou mères brodeuses, ils retrouvaient, enfin ce très gros grain que les lissiers contemporains, d’où qu’ils fussent, ne pouvaient leur réaliser et que de toute façon, les artistes n’avaient pas les moyens de financer.

Il y eut les époux Maillaud et le peintre Jean Lurçat dont l’épouse Marthe Hennebert, lui fit percevoir le potentiel architectural et monumental du textile. Il y eut les époux Deltombe, amis du Directeur de l’École Nationale d’Art Décoratif d’Aubusson, Antoine Marius Martin. Ce dernier, arrivé à Aubusson en 1917, voulait non seulement renouveler les artistes, mais aussi totalement repenser la façon de tisser. Ce graveur postimpressionniste appréciait beaucoup les interprétations d’Yvonne Deltombe aux couleurs véritablement réduites, aux formes affirmées, au grain de tissage trois fois plus gros qu’en tapisserie de lisse. Sa révolution technique à Aubusson ne se fit pas sans mal : le conseil Municipal vota une motion demandant sa destitution et le député Camille Bénassy protesta contre ses méthodes qui détruisaient le savoir faire des peintres et  des ouvriers aubussonnais dont il a ruiné l’école par ses prétentions à rénover l’industrie de la tapisserie.

Les broderies ne représentaient qu’une part de la production de ces artistes mais ils la considéraient comme ayant eu une grande influence, voire ayant été un tournant dans leur carrière.

Ces collaborations intimes entre artistes et leur mère ou épouse, ont mobilisé la technique de la broderie au plus près de la pensée créatrice. Cette connivence était fondamentale pour réussir l’interprétation du projet initial vers le textile. Les musées et amateurs d’Europe du Nord l’ont bien compris et ont largement collectionné ces broderies d’artistes. La France a hélas trop souvent considéré ces pièces comme des ouvrages de dames, sans en comprendre l’importance artistique.

Infos pratiques

PREMIÈRES DE CORDÉE,
Broderies d’artistes, aux sources de la Rénovation de la tapisserie

17 juin - 23 sept. 2018, Centre culturel et artistique Jean-Lurçat, Aubusson

Le billet d'entrée à la Cité internationale de la tapisserie donne accès à l'exposition du Centre culturel et artistique Jean-Lurçat.

Marc Petit à l'Église du Château de Felletin (communiqué)

26.04.2018
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"Premières de cordée", 17 juin-23 sept. 2018 (communiqué)

26.04.2018
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La première tapisserie Tolkien exposée à la Cité (communiqué)

23.04.2018
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"Le Monde de Tolkien", France 3 Limousin, Le 12/13, 07 avril 2018

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France 3 Auvergne, Tolkien débarque à la Cité de la tapisserie

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Week-end Patrimoine à la Cité de la tapisserie, TF1, Journal de 13h du 07 avril 2018

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Partenaires

Fondation d'entreprise AG2R La Mondiale pour la Vitalité artistique

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La Cité de la tapisserie, est soutenue par la Fondation d'entreprise AG2R La Mondiale pour la vitalité artistique, pour l'acquisition d'une maquette de tapisserie de l'artiste vidéaste Clément Cogitore, ainsi que pour le tissage de la première tapisserie d'après les œuvres graphiques originale de J. R. R. Tolkien, Bilbo comes to the Huts of the Raft-Elves. Créée en février 2017, cette fondation d'entreprise dédiée au mécénat culturel s'engage en faveur des territoires, pour la préservation du patrimoine culturel régional, matériel et immatériel, la valorisation de la création contemporaine, ainsi que la promotion des métiers d’art.

Commandes mécénées

eL Seed

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Un projet de création contemporaine en tapisserie d'Aubusson se concrétise grâce à la mobilisation de la Cité de la tapisserie sur le marché des Émirats Arabes Unis : C’est l’aube, d’après eL Seed.

Parmi ses missions de soutien économique et artistique à la filière tapisserie, la Cité de la tapisserie a engagé une action de prospection vers les Emirats Arabes Unis en 2016, avec le recrutement d’un Volontaire International en Entreprise chargé de nouer un réseau de contacts et déterminer des artistes importants pour les E.A.U. susceptibles d’être tissés.

Le Sénateur de la Creuse Jean-Jacques Lozach, alors Président de la Cité de la tapisserie, le Directeur de la Cité de la tapisserie Emmanuel Gérard ainsi qu'une délégation de la Chambre de Commerce et d'Industrie de la Creuse se sont ensuite rendus aux E.A.U pour appuyer cette mission. Plusieurs projets sont en cours de concrétisation, dont certains vont permettre une présence de la tapisserie d’Aubusson dans des lieux prestigieux des Émirats.

Un projet a particulièrement retenu l’attention de la Cité de la tapisserie pour intégrer la section contemporaine de sa collection publique « Musée de France ». Il s’agit d’une maquette proposée par l’artiste franco-tunisien eL Seed, installé à Dubaï. La Cité de la tapisserie a souhaité acquérir une maquette de cet artiste et en faire réaliser un tissage dans le cadre du Fonds régional pour la création de tapisseries contemporaines.

Ce projet, tout à fait représentatif de la nouvelle démarche engagée pour développer des commandes de tapisseries depuis les Émirats, est ainsi initié par une œuvre exemplaire de la création de ponts entre le métier d’art français et l’expression contemporaine d’un artiste du monde musulman, dans la lignée de la labellisation Unesco.

De plus, le travail d’eL Seed s’inscrit dans une démarche d’art mural prometteuse dans la perspective d’un futur investissement de cet artiste dans la tapisserie.

Souhaitant une forte référence de sa future tapisserie à la tradition française, il a réalisé une première maquette en calligraphiant une phrase fétiche de Jean Lurçat : « C’est l’aube d’un monde nouveau, un monde où l’homme ne sera plus un loup pour l’homme », gravée sur son épée d’académicien.

Présenté aux dirigeants de l’Institut du Monde Arabe, ce projet a reçu un soutien et des encouragements écrits de la part de Jack Lang, Président de l’IMA.

L’huile sur toile C’est l’aube est destinée à devenir un tissage de 2,50 m x 2,50 m.

L'artiste s'est rendu à Aubusson en octobre pour une séance de travail et d'échanges autour de la transcription tissée de son œuvre. Accompagné par une cartonnière et par le conservateur de la Cité de la tapisserie, il a déterminé un cahier des charges précis contenant ses intentions pour le tissage, les œuvres des collections pouvant servir de références (notamment Triangles blancs, d'après Alexander Calder). Une partie de l'œuvre a été sélectionné pour servir de base à un échantillon de tissage sur lequel les ateliers de tissage sont jugés dans le cadre d'un appel d'offres lancé en début d'année. La tombée de métier de C'est l'aube, première tapisserie de eL Seed et présageant d'une collaboration durable, est envisagée pour l'automne 2018. L'artiste se chargera de la diffusion de son œuvre auprès de collectionneurs et d'institutions muséales, en vue de retissages dans la limite des 7 exemplaires encore possibles.

Né en France en 1981, eL Seed a installé son studio de création aux Émirats Arabes Unis. Les compositions calligraphiques d’eL Seed font appel non seulement aux mots et à leur signification, mais aussi à leur mouvement, qui transporte le spectateur dans un univers surréaliste. eL Seed aborde, à travers son travail, des sujet qui semblent contradictoires, mais qui reflètent la réalité complexe de l'humanité et du monde dans lequel nous vivons.

eL Seed a installé son travail dans l’espace public, les galeries et les institutions aux quatre coins du monde. Des rues de New York, aux favelas de Rio de Janeiro, des bidonvilles du Cap, aux immeubles de Paris, son approche contemporaine vise à rapprocher les peuples, les cultures et les générations.

En 2017, eL Seed remporte le Prix UNESCO Sharjah pour la culture arabe. Il est nommé « Global Thinker » en 2016 par la revue Foreign Policy pour son projet « Perception » dans le quartier des Chiffonniers du Caire. En 2013, il collabore avec Louis Vuitton en décorant de ses calligraphies le célèbre « Foulard d’artiste ».

Pour aller plus loin

Découvrez les autres oeuvres d'eL Seed sur son site internet