Aubusson tisse Tolkien : la genèse

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Les actus de la cité

L’atelier du Mobilier national s’ouvre à la visite

17.05.2018
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L’atelier de restauration de tapisseries du Mobilier national, hébergé au deuxième étage de la Cité internationale de la tapisserie, ouvrira désormais ses portes au public, chaque jeudi, à 14h15 et 15h15.

Cet atelier de restauration du Mobilier national représente une quarantaine de techniciens d’art répartis sur deux sites, à Paris et à Aubusson. Dans les années 1990, au moment de la politique de décentralisation, le Mobilier national décide de l’ouverture d’un second atelier en Creuse. En 1992, les futurs techniciens d’art sont recrutés et reçoivent une formation en 3 ans mise en place au sein de l’École nationale d’Art décoratif d’Aubusson (ENAD). L’atelier entre en production en 1996 ; ses techniciens d’art sont donc les plus anciens locataires du bâtiment de la Cité de la tapisserie. Délocalisés temporairement pour les travaux de création de la Cité de la tapisserie au sein du bâtiment de l’ENAD, ils retrouvent leur atelier historique entièrement réhabilité à l’ouverture de la Cité en 2016.

Les restaurateurs travaillent sur des tapisseries et tapis – principalement des tapisseries de la manufacture des Gobelins (Paris) des XVIIe et XVIIIe siècles – pour le compte de l’État : des œuvres issues des collections publiques d’ameublement du Mobilier national, dont les pièces habillent les hauts lieux de la République (Présidence, Sénat, ambassades, etc.). Ils travaillent également sur les collections patrimoniales du Mobilier national.

Suivant la nature de la commande et la destination de l’œuvre, les techniciens d’art optent pour sa restauration ou sa conservation. Quelle différence entre ces deux traitements ? La première s’applique aux tapisseries destinées à un usage pratique suite à l’intervention (ameublement, tapis), ce qui rend nécessaire le retissage des parties manquantes ou usées. La conservation, quant à elle, intervient dans une logique de stabilisation de la tapisserie, principalement pour les tapisseries murales, afin de rendre sa lecture de nouveau possible sur le plan artistique, tout en altérant le moins possible son état d’origine.

Actuellement, les employés de l’atelier aubussonnais du Mobilier national travaillent à la restauration d’un tapis et à la conservation de plusieurs tapisseries murales et d’ameublement.

Afin de permettre un véritable échange entre le public et les techniciens d’art, les visites, accompagnées par le personnel de la Cité, sont limitées à 15 personnes simultanées. La visite est comprise dans le tarif d’entrée à la Cité de la tapisserie, il suffit de se présenter à l’accueil quelques minutes avant le départ des visites principales de 14h15 ou 15h15.

Renseignements au 05 55 66 66 66 ou par mail sur contact@cite-tapisserie.fr.

Carré d'Aubusson

La collection "Carré d’Aubusson" a l’ambition d’initier et de produire une série d’œuvres contemporaines en tapisserie, à l’échelle de l’habitat et du décoratif, d’une surface carrée d'environ 3,3 m² (1,84 m x 1,84 m), en lien étroit avec des galeries.

Contrepoint aux appels à projets monumentaux que la Cité de la tapisserie réalise par ailleurs, chaque carré de tapisserie, par sa valeur patrimoniale et contemporaine, fera figure d’écran textile, de fenêtre picturale, de paysage tissé...

Dans cet ensemble particulier, la force décorative renoue avec l’usage traditionnel de la tapisserie, produit mobile et mobilier vertical, à échelle domestique : un format à la valeur immersive et, paradoxalement, à la mesure du quotidien.

La collection a pour objectif de mettre en œuvre des productions destinées à des accrochages de la sphère de l'intime. La sélection des artistes contemporains, dont la traduction du langage plastique interroge avec pertinence l’écriture du point de tapisserie, du textile dans son actualité et des qualités intrinsèques d’une image qui apparaît dans l’étoffe par le biais d'une transcription spécifique, viennent actualiser le médium.

Cette série d’œuvres se pense, dès la conception, au regard de la technique patrimoniale d’Aubusson et développe une vision prospective de la place de la tapisserie, interroge la qualité narrative, figurative, prise dans les enjeux actuels tels que le numérique, les questions de représentation, de dimensions et de définitions du visible.

Le premier artiste sollicité pour rejoindre le Fonds contemporain de la Cité de la tapisserie pour la collection "Carré d'Aubusson" est Raùl Illarramendi, dans le cadre d'une convention signée avec la galerie Karsten Greve (Paris).

Jean-Baptiste Bernadet signe le deuxième Carré d'Aubusson, grâce à un partenariat conclu avec la galerie Almine Rech.

La production de la collection "Carré d'Aubusson" est accompagnée par la Fondation Bettencourt Schueller dans le cadre de l'attribution du Prix Liliane Bettencourt pour l'intelligence de la main® - Parcours 2018.

Expo passée

Premières de cordée

Du 17 Juin 2018 au 23 Septembre 2018
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Une exposition inattendue !

Pour l’été 2018, la Cité de la tapisserie réinvestit les salles de l’ancien musée départemental de la tapisserie avec une exposition originale consacrée aux tapisseries brodées d’artistes entre 1880 et 1950. La présentation explore ainsi les origines de la Rénovation de la tapisserie au XXe siècle et met en avant les femmes restées dans l’ombre des artistes dont elles ont brodé les œuvres.

Bruno Ythier, conservateur de la Cité de la tapisserie, assure le co-commissariat de cette exposition aux côtés de Danièle Véron-Denise, conservatrice honoraire des textiles au musée du Château de Fontainebleau.

À la fin du XIXe siècle, les artistes d’avant-garde, séduits par l’esthétique de la tapisserie médiévale, cherchent à faire tisser leurs œuvres selon ces techniques. Mais celles-ci sont perdues et ces artistes n’ont ni la notoriété ni les moyens pour faire appel aux manufactures d’État ou aux ateliers privés. Ils se tournent alors vers des femmes de leur premier cercle (épouse, sœur, mère).

Considérées comme des « ouvrages de dames » ces œuvres ont été peu collectionnées par les musées français et se trouvent aujourd’hui surtout en Hollande, au Danemark, en Allemagne, ou dans des collections privées. Il s’agit donc de présenter une sélection de pièces textiles rares souvent plus vues en France depuis un siècle.

Aristide Maillol, Émile Bernard, Paul-Élie Ranson, Fernand Maillaud, Jean Arp, Paul Deltombe, Jean Lurçat, Henri de Waroquier, Roger Bissière, etc. Plusieurs des artistes exposés sont d’ailleurs des chevilles ouvrières de la Rénovation de la tapisserie, à travers le travail textile de femmes intimes.

POURQUOI CETTE EXPOSITION ?
Par Bruno Ythier, Conservateur de la Cité de la tapisserie

Cette présentation est totalement inédite, car c’est la première fois que sont rassemblées autant d’œuvres brodées d’artistes de la fin du XIXe au milieu du XXe siècle. Nombre des brodeuses, épouses ou mères de ces artistes, ont consciemment ou pas, préparé la Rénovation de la tapisserie au XXe siècle.

À la fin du XIXe siècle, la tapisserie de lisse ne répondait pas aux aspirations des avant-gardes artistiques qu’étaient le postimpressionnisme ou le mouvement Nabi. Depuis les années 1875, artistes et critiques voulaient rénover cet art décoratif et lui faire quitter l’influence des peintres au profit des architectes et des décorateurs. À cette époque, plusieurs expositions de tapisseries anciennes, médiévales et Renaissance, montraient leur simplicité formelle, leurs couleurs franches. Elles permettaient de mesurer des siècles d’évolutions techniques, vers toujours plus de finesse, de variété de coloris, de manière picturale.

Si les pouvoir publics souhaitaient donc réformer l’art de la tapisserie, ils ne pouvaient que peu intervenir dans la manière de tisser, car celle-ci était l’apanage des lissiers veillant jalousement sur leurs prérogatives. Ainsi toute une filière était organisée autour de la finesse (9 à 10 fils de chaîne par cm). L’intervention de l’administration des Beaux-Arts se portait principalement sur le choix des artistes et l’iconographie.

Les artistes de l’école de Pont-Aven, les Nabis, comme Émile Bernard, Aristide Maillol ou Paul-Élie Ranson étaient fascinés par la tapisserie médiévale. Ayant changé l’écriture de l’estampe et révolutionné l’art de graver, ils allaient faire de même avec la tapisserie. Bernard débuta dès les années 1880 ; Maillol prit le sujet à bras le corps et créa même ses propres teintures. Grâce au travail de leurs compagnes ou mères brodeuses, ils retrouvaient, enfin ce très gros grain que les lissiers contemporains, d’où qu’ils fussent, ne pouvaient leur réaliser et que de toute façon, les artistes n’avaient pas les moyens de financer.

Il y eut les époux Maillaud et le peintre Jean Lurçat dont l’épouse Marthe Hennebert, lui fit percevoir le potentiel architectural et monumental du textile. Il y eut les époux Deltombe, amis du Directeur de l’École Nationale d’Art Décoratif d’Aubusson, Antoine Marius Martin. Ce dernier, arrivé à Aubusson en 1917, voulait non seulement renouveler les artistes, mais aussi totalement repenser la façon de tisser. Ce graveur postimpressionniste appréciait beaucoup les interprétations d’Yvonne Deltombe aux couleurs véritablement réduites, aux formes affirmées, au grain de tissage trois fois plus gros qu’en tapisserie de lisse. Sa révolution technique à Aubusson ne se fit pas sans mal : le conseil Municipal vota une motion demandant sa destitution et le député Camille Bénassy protesta contre ses méthodes qui détruisaient le savoir faire des peintres et  des ouvriers aubussonnais dont il a ruiné l’école par ses prétentions à rénover l’industrie de la tapisserie.

Les broderies ne représentaient qu’une part de la production de ces artistes mais ils la considéraient comme ayant eu une grande influence, voire ayant été un tournant dans leur carrière.

Ces collaborations intimes entre artistes et leur mère ou épouse, ont mobilisé la technique de la broderie au plus près de la pensée créatrice. Cette connivence était fondamentale pour réussir l’interprétation du projet initial vers le textile. Les musées et amateurs d’Europe du Nord l’ont bien compris et ont largement collectionné ces broderies d’artistes. La France a hélas trop souvent considéré ces pièces comme des ouvrages de dames, sans en comprendre l’importance artistique.

Infos pratiques

PREMIÈRES DE CORDÉE,
Broderies d’artistes, aux sources de la Rénovation de la tapisserie

17 juin - 23 sept. 2018, Centre culturel et artistique Jean-Lurçat, Aubusson

Le billet d'entrée à la Cité internationale de la tapisserie donne accès à l'exposition du Centre culturel et artistique Jean-Lurçat.

Marc Petit à l'Église du Château de Felletin (communiqué)

26.04.2018
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"Premières de cordée", 17 juin-23 sept. 2018 (communiqué)

26.04.2018
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La première tapisserie Tolkien exposée à la Cité (communiqué)

23.04.2018
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"Le Monde de Tolkien", France 3 Limousin, Le 12/13, 07 avril 2018

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France 3 Auvergne, Tolkien débarque à la Cité de la tapisserie

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Week-end Patrimoine à la Cité de la tapisserie, TF1, Journal de 13h du 07 avril 2018

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